13/03/2018

Genève doit devenir le canton de l’emploi. Pas du chômage

emploi, chômage, précaritéLe chômage est une problématique qui ne cesse de préoccuper les genevois-e-s. Face à un marché du travail en pleine mutation, une mondialisation incontrôlée, une pression sur l’emploi local, le chômage est un spectre qui ne cesse de nous hanter. Imprécations et prophéties ne manquent pourtant pas pour se gargariser de résultats soi-disant obtenus, ou pour nous vanter des lendemains qui finiront bien par chanter… Mais les chiffres sont pourtant là, implacables. Et ils sont globalement tout sauf rassurants. Malgré la danse de la pluie que certains font à longueur d’année, le chômage persiste à ne pas vouloir baisser comme il le devrait à Genève. Pire, le système semble définitivement en panne, lorsqu’on s’intéresse au sort de celles et ceux qui, à l’issue du délai cadre d’indemnisation, viennent grossir chaque année les rangs de l’aide sociale.

Cet article ne vise nullement à polémiquer sur un sujet aussi sérieux, dont on voudrait qu’il soit parfois empoigné avec moins d’émotion et plus de raison. Des solutions existent et sont généralement bien éloignées des déclarations d’intention – jamais réalisées – ou bien des petites mesures symboliques inutiles.

Il convient donc d’analyser la situation avec le recul requis, avec des chiffres officiels et des faits, et de proposer des solutions viables pour relancer l’emploi à Genève. Certes, il faut le dire d’emblée: il n’existe pas de solution miracle. Mais il y a néanmoins largement de quoi faire!

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19:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

28/02/2018

Cohésion sociale: il faut appliquer la loi. Maintenant !

Je suis particulièrement heureux et fier d’apprendre aujourd’hui que le Parti socialiste vient de déposer une motion demandant la mise en œuvre immédiate de la Loi sur la politique de cohésion sociale en milieu urbain. En tant que magistrat communal et Président de l’association des communes genevoises, j’ai souvent demandé à ce que le Conseil d’Etat applique cette loi, entrée en vigueur il y a de cela déjà cinq ans ! En vain. La volonté du législateur s’est toujours heurtée, jusqu’ici, au manque de volonté politique de doter Genève d’une politique ambitieuse de réduction des inégalités et de lutte contre la précarité. Grâce à cette motion, dont je ne doute pas qu’elle saura être largement soutenue, on a enfin l’opportunité de contraindre l’exécutif cantonal à mettre en œuvre la loi. Et il y a urgence!

Les inégalités explosent à Genève

On ne compte plus aujourd’hui les rapports et études qui démontrent le creusement inexorable des inégalités dans notre canton. On citera pêle-mêle, bien sûr, le rapport du Conseil d’Etat de 2016 sur la pauvreté à Genève, mais également l’étude du Professeur Guessous sur le renoncement aux soins pour des raisons économiques, ou le toujours très actuel second rapport statistique de 2014 du Centre d’analyse territorial des inégalités. Tous les voyants sont au rouge et, petit à petit, il semble que la supposée « classe moyenne » se retrouve supplantée par une « classe fragile », qui peut basculer à tout moment vers la précarité !

L’augmentation régulière des loyers ou des primes d’assurance-maladie sont déjà, en soi, des facteurs qui amenuisent chaque jour un peu plus le pouvoir d’achat des genevois-e-s, sans que les salaires et les revenus n’augmentent dans une proportion similaire. Ils/elles sont donc toujours plus nombreux/ses à basculer dans la spirale infernale de la vulnérabilité…

Au-delà de cette problématique évidente, dont j’imagine que beaucoup d’entre nous se rendent compte au quotidien, il existe surtout à Genève une précarité territoriale particulièrement préoccupante. C’est d’abord à celle-ci que s’attaque la loi sur la politique de cohésion sociale en milieu urbain, car c’est justement la population des quartiers les plus précarisés qui subit de plein fouet le processus de fragilisation que je viens d’évoquer. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre de personnes suivies à l’aide sociale a presque doublé en l’espace de 10 ans dans notre canton. Et la plupart des bénéficiaires de l’Hospice général, par nécessité ou par état de fait, se concentre dans quelques quartiers spécifiquement fragiles.

 

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09:37 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

01/10/2017

1er octobre : pour la qualité de vie de nos seniors, rester attentif et prévoir  

Le 1er octobre célèbre la journée internationale des personnes âgées. Une thématique tout sauf anodine dans nos sociétés occidentales, touchées de plein fouet par le vieillissement de la population. Si cette journée a une valeur sommes toutes plutôt symbolique, elle contribue cependant à nous rappeler combien notre avenir va être bouleversé par cette problématique générationnelle. Et donc combien nous, les politiques, devons prendre la mesure de cette inexorable révolution.

 

On ne le dira jamais assez : le vieillissement de la population modifie en profondeur nos sociétés et nos modes de vie. Dans tous les domaines. On pense évidemment, en premier lieu, aux questions de santé, et aux conséquences financières de celle-ci. On pense naturellement à nos systèmes de retraite – sujet brûlant s’il en est en ce moment. On pense moins aux impacts économiques qui s’y rapportent (combien d’actifs paieront encore des impôts pour faire fonctionner un Etat au service des seniors ?). Sans parler de la question de l’aménagement (quelles infrastructures construire pour nos ainés ?). Au niveau plus général de l’action sociale, on oublie de se demander de quoi seront faites les solidarités actives et les liens humains dans une société que le grand âge rend plus fragile et plus vulnérable. Et quel sera le poids des soutiens notamment familiaux envers celles et ceux qui en auront un besoin impératif ?

 

Cette dernière question est en train, progressivement, de s’imposer dans l’agenda politique, en Suisse comme ailleurs. On commence tout juste à se rendre compte du poids des solidarités familiales dans notre système de prise en charge des seniors. Et des conséquences que cela a sur la vie de celles et ceux qui – par envie autant que par besoin – y sont confrontés au quotidien.

 

En ceci, la semaine dédiée aux « proches-aidants », qui se tiendra du 30 octobre au 4 novembre prochain à Balexert et dont la Ville de Vernier est heureuse d’être la co-organisatrice, permettra de mettre en lumière cette délicate problématique.

 

J’espère vous y retrouver pour échanger et partager autour de cette thématique qui me tient particulièrement à cœur !

13:06 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

22/08/2017

120 émotions par minute

vih, sida, santé, genève, pva geneve, année80 , film, cinémaA l’occasion des 25 ans de l’association PVA Genève (Personnes vivant avec), j’ai été invité à la projection du film «120 battements par minute». Récemment primé à Cannes (Grand prix du jury 2017). Ce film retrace l’histoire bouleversante des premières mobilisations d’Act’Up pour médiatiser la problématique du SIDA en France à la fin des années 80.

Film triste, film fort, film vrai, « 120 battements par minute » nous rappelle combien l’émergence de la lutte contre le VIH s’est révélée complexe et difficile, tant cette « épidémie de l’amour » heurtait les valeurs morales, religieuses, médicales et, surtout, sociales de l’époque.

 

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12:51 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

20/08/2017

La solitude tue

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Une récente étude américaine vient de démontrer ce que beaucoup d’entre nous, instinctivement, savent déjà : on meurt plus vite lorsqu’on est seul. Le professeur vaudois Jean-Pierre Fragnière le dit depuis longtemps. Entendons par là que l’isolement social est un facteur de dégradation des conditions de vie très important et qu’il nous faut aujourd’hui rapidement prendre compte cette donnée, notamment en regard du vieillissement programmé de la population.

Un phénomène à ne surtout pas sous-estimer

L’évolution de nos sociétés occidentales, par l’accentuation de l’individualisme et de la compétition, a progressivement distendu les liens sociaux qui forgeaient autrefois les bases de nos relations communautaires et sociales. Maladie psychiques, atomisation des liens de voisinage, processus d’exclusion en tous genre (et notamment du marché du travail), sont autant de facteurs qui viennent aggraver ce phénomène.

 

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13:48 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale, Société | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook