10/07/2017

Santé dentaire en Suisse: les dents de l’amer

dentiste-lamal-suisse-couverture-base-1696x800.jpgLa RTS s’en est fait écho pas plus tard que hier : dans notre pays, ce sont près de 180'000 personnes qui renoncent aux soins dentaires pour des raisons financières. Ce chiffre, qui résulte d’une enquête de l’Office fédéral de la statistique, est effarant.

Cette étude démontre – si besoin est – que la société à deux vitesses n’est pas une simple vue de l’esprit. La Suisse, pays parmi les plus riches du monde, connaît un fossé d’inégalités inadmissible sur un segment sanitaire de base ! Il y a là une injustice qu’il s’agit de combattre. C’est ce que tentent de faire des initiatives cantonales en Romandie (Genève, Vaud, Valais). Mais le combat est loin d’être gagné d’avance, malgré l’évidence dramatique de la situation.

 

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17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale, Société | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

29/05/2017

Lettre ouverte aux militantes et aux militants socialistes du PS genevois

Il ne nous diviseront pas.

candidatures-CE-ps.jpgChères et chers camarades,

J’ai eu l’honneur d’être désigné candidat du parti socialiste au Conseil d’Etat avec nos camarades Anne et Sandrine lors de l’Assemblée générale du 13 mars 2017. En présence de plus de 400 militant-e-s réuni-e-s pour partir à la conquête de sièges supplémentaires au Conseil d’Etat et au Grand Conseil avec 3 candidat-e-s au Conseil d’Etat et 51 au Grand Conseil. Une preuve de vitalité à l’heure de la morosité pour les partis. Une fierté aussi.

Pourtant, les articles fleurissent dans la presse pour dépeindre un parti socialiste qui serait divisé, sans projet commun. Le dernier en date, un article du Matin Dimanche cherchant à montrer que les candidat-e-s au Conseil d’Etat ne seraient pas à même de représenter notre parti, nos idées et nos combats.

Son auteur se trompe. Le parti socialiste a des diversités d’opinions mais est prêt pour cette campagne dure qui se profile. Il est prêt, uni dans cette richesse, à défendre un programme pour plus de justice sociale, de solidarité et d’opportunités pour les Genevois-es.

 

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11:58 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

13/04/2017

L’artisanat local, c’est du savoir-faire, de la passion et de la volonté

A l'occasion de la remise du prix de l'Artisanat de l'Association des communes genevoises, j'ai eu le grand privilège de remettre le prix 2016 à l'entreprise Arturo Belli, bottiers à Carouge. 

Voici mon intervention : 

C’est un plaisir pour moi que d’être présent pour remettre le prix de l’artisanat décerné depuis 1991 par l’Association des Communes Genevoises. Cette année encore, grâce à l’appui de la Banque cantonale de Genève.

Les communes, vous le savez, symbolisent la proximité. Et c’est finalement logique que ce soit à elles de décerner ce prix qui récompense une activité locale.

Une entreprise plus que centenaire

L’entreprise dont nous saluons cette année l’implication dans le tissu local a une longue histoire. Plus que centenaire, elle a été fondée en 1909 par un immigré italien originaire de Toscane. Amenant avec lui son savoir-faire et ses dons précieux, Arturo Belli a fabriqué des chaussures. Comme l’ont fait par la suite les deux générations suivantes qui lui ont succédé.

Reprise depuis une quinzaine d’année par Monsieur Tony Giglio, cette manufacture est aujourd’hui la seule du pays qui élabore des chaussures sur mesure du début à la fin du processus de fabrication. Et quand on sait qu’il faut pas moins de 250 opérations différentes pour fabriquer une chaussure de manière artisanale, on mesure combien le degré de technicité et de professionnalisme de cette entreprise doit être élevé ! Et on m’a même laissé entendre que Monsieur Giglio lui-même, au sein de son entreprise, met encore la main à la pâte et participe lui-même à la fabrication de ces produits manufacturés, ce qui est admirable !

Savoir-faire et passion

A l’heure de la mondialisation à tout crin et de l’uniformisation de l’industrie, il est bon de se rappeler que le savoir-faire, la passion et la volonté sont encore des valeurs qui existent de par nos contrées. Fabriquer des chaussures de qualité, en respectant la matière, en respectant les clients, en respectant les traditions, voilà un défi de taille que relève avec brio la Maison Arturo Belli ! Ceci est d’autant plus admirable que, nous le savons tous, le marché dans ce secteur précis est ultra concurrentiel.

Les artisans et notre mémoire collective

Qui se chausse encore aujourd’hui chez un artisan de proximité ? Peu de monde, c’est certain. Bien sûr, la qualité a un prix. Mais elle a surtout une âme. Et ce métier – celui de bottier – qui était encore une profession bien établie il y a de cela un siècle est en train de progressivement disparaître de nos jours. Combien de métiers similaires, qui demandent de la patience, du doigté, de l’expérience et du cœur n’existent-ils plus que dans nos lointains souvenirs ? Bien trop, sans doute. Lorsqu’un artisan disparaît, c’est un morceau de notre mémoire collective qui s’en va. Bien peu parviennent à survivre. Encore moins à en vivre.

Être petit et miser sur la qualité

Un économiste dont j’ai oublié le nom a dit un jour que, au 21ème siècle, ne survivront que les très gros qui peuvent baisser au maximum leurs coûts de productions, et les très petits qui miseront tout sur la qualité. Je crois que l’entreprise que nous honorons aujourd’hui s’inscrit parfaitement dans cette logique. Faire peu, faire bien, avec du cœur, à l’échelle humaine. Faire dans la qualité, le sur-mesure, perpétuer un art ancien, précieux. C’est la marque de fabrique d’une entreprise telle que Arturo Belli !

C’est donc avec beaucoup d’émotion, croyez-moi que je remets ce prix à Monsieur Giglio, au nom des communes genevoises. Nous récompensons ainsi plus qu’un travail et une entreprise. Nous remercions des hommes et des femmes qui font vivre un métier rare, avec passion, dévouement et savoir-faire. Le canton de Genève peut être particulièrement fier de compter une telle entreprise en son sein.

Je souhaite encore longue vie à la maison Arturo Belli !

Vive les artisanes et les artisans de Genève !
Vive les communes genevoises !
Vive la République et Canton de Genève !

Thierry Apothéloz

Le Prix de l’Artisanat en quelques mots: il fut créé en 1991, pour mettre en évidence la richesse et la diversité de l’artisanat genevois. Décerné, depuis 1995, sous l’égide de l’Association des Communes Genevoises, il est le pendant du Prix de l’Industrie, attribué par l’Etat de Genève. Le lauréat est désigné par un jury de professionnels qui se réunissent plusieurs fois par année. Il prend en compte, outre les qualités du travail du lauréat, son engagement pour la formation de la relève et la transmission de son savoir-faire.

16:39 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

16/03/2017

Peut-on sauver la classe moyenne?

Le Centre Social Protestant tire la sonnette d’alarme: la classe moyenne inférieure (le terme est terrible!) n’arrive plus à joindre les deux bouts. La faute à un filet social qui voit ses mailles s’élargir de jour en jour. Laissant des familles passer à travers. Cette bombe sociale risque bien de nous exploser à la figure si l’on n'agit pas au plus vite.

Aujourd’hui, le terme de classe moyenne est galvaudé. Dans le temps, on qualifiait par ce terme celles et ceux qui arrivaient à faire face au quotidien sans trop de difficultés. Aujourd’hui, la classe moyenne, ce sont les nouveaux précaires. Celles et ceux qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, qui voient les factures, les dettes, les problèmes s’accumuler. Ce sont surtout les working poors, ces familles qui cumulent les emplois mais qui ne parviennent plus à échapper à la précarité malgré cela.

Est-il normal qu’un couple avec deux revenus ne puisse pas faire face avec sérénité à ses obligations financières? Bien sûr que non! Il est bien loin le temps où un salaire suffisait à faire vivre une famille. Et même avec deux emplois, cela n’est plus le cas aujourd’hui.

 

Comment en est-on arrivé là?

 

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19:02 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook

08/03/2017

Mobilité douce: on pédale dans la semoule…

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Depuis l’acceptation par le peuple de l’initiative 144 Pour la mobilité douce (Initiative des villes) en 2012, on a multiplié les planifications et les études. Beaucoup d’incantations. Mais bien peu de résultats. Le rapport de la Cour des comptes sorti hier est particulièrement critique sur cette question. Le fossé qui sépare Genève d’autres grands centres urbains (Zürich, Bâle, etc.) est aujourd’hui immense. Les autres avancent, et nous nous regardons faire, avec cette épine dans le pied que constitue l’article constitutionnel de la "liberté du choix de transport".

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08:46 Écrit par Thierry Apothéloz dans Environnement urbain | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook