13/03/2018

Genève doit devenir le canton de l’emploi. Pas du chômage

emploi, chômage, précaritéLe chômage est une problématique qui ne cesse de préoccuper les genevois-e-s. Face à un marché du travail en pleine mutation, une mondialisation incontrôlée, une pression sur l’emploi local, le chômage est un spectre qui ne cesse de nous hanter. Imprécations et prophéties ne manquent pourtant pas pour se gargariser de résultats soi-disant obtenus, ou pour nous vanter des lendemains qui finiront bien par chanter… Mais les chiffres sont pourtant là, implacables. Et ils sont globalement tout sauf rassurants. Malgré la danse de la pluie que certains font à longueur d’année, le chômage persiste à ne pas vouloir baisser comme il le devrait à Genève. Pire, le système semble définitivement en panne, lorsqu’on s’intéresse au sort de celles et ceux qui, à l’issue du délai cadre d’indemnisation, viennent grossir chaque année les rangs de l’aide sociale.

Cet article ne vise nullement à polémiquer sur un sujet aussi sérieux, dont on voudrait qu’il soit parfois empoigné avec moins d’émotion et plus de raison. Des solutions existent et sont généralement bien éloignées des déclarations d’intention – jamais réalisées – ou bien des petites mesures symboliques inutiles.

Il convient donc d’analyser la situation avec le recul requis, avec des chiffres officiels et des faits, et de proposer des solutions viables pour relancer l’emploi à Genève. Certes, il faut le dire d’emblée: il n’existe pas de solution miracle. Mais il y a néanmoins largement de quoi faire!

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19:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

21/01/2016

Lutter contre le chômage, pas contre les chômeurs

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Dans son édition du 14 janvier, la Tribune de Genève relate le sort réservé aux chômeurs en fin de droit, qui doivent passer par des stages d’employabilité. Inadaptés, standardisés quel que soit votre parcours, infantilisants. Les mots ne manquent pas pour qualifier l’inutilité de ces mesures, qui ont souvent un côté humiliant pour celles et ceux qui doivent les subir. En fait, ces mesures visent à déterminer si un chômeur en fin de droit peut être considéré comme « employable » (le mot est horrible !) ou bien s’il doit être dirigé vers l’aide sociale (et donc considéré ad vitam eternam comme définitivement non réinsérable).

Avec un taux de chômage qui n’a pas évolué depuis son entrée en fonction, Mauro Poggia peine à convaincre dans son action pour l’emploi. D’ailleurs, on attend toujours de sa part un semblant de mesures pour lutter contre ce fléau. Depuis deux ans, rien ou presque n’a bougé.

Dans son rapport d’avril 2015, la Cour des Comptes ne dit pas autre chose : les mesures actuellement en vigueur sont largement insuffisantes et il convient d’élargir l’offre en matière de mesures pour lutter efficacement contre le chômage. Pourtant, les solutions existent – j’en veux pour preuve a contrario l’excellent bilan du programme Cap Emploi, dont la Tribune de Genève s’est fait l’écho aujourd’hui même. Le secret de la réussite : le suivi individualisé.

 

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11:24 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

29/09/2015

Le véritable oreiller de paresse, c’est de couper l'aide sociale sans aucun discernement

La nouvelle n’a fait grand bruit que chez les professionnels de l’aide sociale. Mais ses conséquences sont catastrophiques! La Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales (CDAS) a décidé de modifier les normes usuelles appliquées en Suisse pour l’aide sociale.

En somme: moins pour les familles nombreuses, moins pour les jeunes adultes, moins de suppléments d’intégration (mesure incitative). Ce véritable scandale montre l’influence croissante des thèses antisociales d’une certaine classe politique de notre pays qui souhaite faire des économies sur le dos de celles et ceux qui sont les plus fragilisé-e-s de notre société.

Durcir l’aide sociale n’est jamais la solution. Durcir l'aide sociale, c'est considérer qu'être pauvre est une fainéantise, une paresse, une solution de facilité. On a beau répéter que les «abus» ne concernent qu’une infime minorité de situation (moins de 5%), l’imagerie populaire voyant les personnes à l’assistance comme des parasites sociaux ne cesse de gagner du terrain.

A Genève, le nombre de personnes à l’aide sociale a bondi de plus de 60% en six ans! C’est énorme, et cela montre surtout que nous vivons dans un monde ultra-compétitif, où beaucoup sont laissés au bord du chemin. La croissance ne profite de loin pas à tou-te-s.

 

Comme si étrangler encore davantage les plus défavorisés allait, par miracle, les pousser à une réinsertion immédiate.

 

Se posent dès lors la question des mesures entreprises par nos dirigeants cantonaux et fédéraux pour faire face à ce problème. Favoriser l’insertion professionnelle? Créer des mesures incitatives efficaces? Proposer des formations ou des remises à niveaux? Non, rien de tout cela. Baisser les prestations, encore et toujours. Comme si étrangler encore davantage les plus défavorisés allait, par miracle, les pousser à une réinsertion immédiate.

Une logique perverse

La logique est perverse et elle fait froid dans le dos. Lorsqu’on entend Mauro Poggia dire que l’aide sociale pour les jeunes constitue un «oreiller de paresse», je suis effaré par la méconnaissance abyssale dont fait preuve notre ministre des affaires sociales de la réalité de terrain.

Si les jeunes sont à l’aide sociale, ça n’est pas par flemmardise. La plupart sont en rupture d’un système scolaire devenu de plus en plus sélectif, et pour lequel tant les passerelles que les possibilités de suivi sont extrêmement complexes. Si on veut ramener ces jeunes vers une insertion qualifiante durable, il faut s’en donner les moyens et mettre en place des programmes ambitieux, pas simplement leur couper les vivres en espérant naïvement que cela va servir à quelque chose!

Le Conseil d’Etat atteint ainsi une nouvelle fois la cohésion sociale de notre canton. Cette politique renforce l'exclusion des plus fragilisés et légitime la voie inadmissible d'une Genève à deux vitesses.

14:17 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

20/07/2015

Alerte canicule : un plan d’action exceptionnel est activé à Vernier !

Depuis ce mercredi, la ville de Vernier renforce sa mobilisation pour répondre aux risques accrus liés la deuxième vague caniculaire qui sévit depuis hier à Genève.

Pour la deuxième fois dans le mois, l’alerte rouge canicule a été déclenchée par le médecin cantonal. A Vernier, le plan d’action canicule a été renforcé.  En effet, outre les téléphones et les visites à domicile, le Conseil administratif a mis en place des mesures exceptionnelles comme l’ouverture d’une salle climatisée au Lignon 7 jours sur 7 de 10 heures à 20 heures.

Cette salle accueille toutes les personnes qui souffrent de la chaleur et souhaitent passer un moment au frais. La Protection civile et les Samaritains y assurent un accueil avec l’appui des collaborateurs-trices de la commune. Des jeux de société sont également mis à disposition.

Les autorités rappellent que ces conditions météorologiques particulières peuvent avoir des conséquences sérieuses sur la santé des personnes les plus vulnérables. En effet, la température ambiante est très élevée et représente un réel danger pour la vie des personnes fragilisées.

Afin d’éviter des catastrophes liées à la déshydratation, les autorités ont mis en place une ligne téléphonique d’urgence dédiée à la canicule : 022.306.07.47 et invitent la population à être solidaire en contactant la commune pour indiquer la présence d’un voisin-e-s âgé-e-s ou malades vivant de manière isolée.

 

Ligne téléphonique d’urgence

T. 022 306 07 47

Du lundi au samedi de 7h à 20h

En cas d’urgence, veuillez contacter le 144

 

Salle d’accueil climatisée

Restaurant scolaire du Lignon

Place du Lignon 22

Ouvert tous les jours de 10h à 20h

Transport possible pour les personnes à mobilité réduite

 


 

 

00:17 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

26/02/2015

Le désendettement des jeunes : une priorité à Vernier !

Maison des jeunes des Avanchets, l’Eclipse, Vernier, le 26 février 2015 –Thierry Apothéloz Maire en charge de la cohésion sociale a présenté ce matin le programme d’action contre le surendettement des jeunes adultes verniolans. Au coeur de la démarche : la détection, la prévention et l’information.

En Suisse, 10% des ménages sont surendettés, ce pourcentage passe à 25% chez les jeunes avec 80% des personnes surendettées qui ont contracté leur première dette avant 25 ans. A Genève, en 2012, 1935 jeunes adultes étaient inscrits à l’aide sociale. Le surendettement des jeunes est un problème de plus en plus fréquent d’origine multiple comme la dépendance à l’achat, le paiement facilité par cartes de crédit, la publicité ou encore la complexification de certaines démarches administratives.

Dans le cadre de son action sociale individuelle, le service de la cohésion sociale de la Ville de Vernier est très fréquemment amené à accompagner des individus en situation d’endettement et de surendettement qui sont confrontés à deux difficultés majeures et interdépendantes : la gestion financière et la complexification de certaines démarches administratives qui pour les jeunes est directement liée au passage à l’âge adulte.

La question de la responsabilité civile des jeunes majeurs est une problématique importante ayant un impact direct sur leur situation financière. Dès l’âge de 18 ans, tout citoyen est chargé de s’acquitter d’un certain nombre de dépenses, parmi lesquelles on trouve la cotisation d’assurance maladie, la cotisation à l’AVS, l’éventuelle taxe militaire, ou simplement l’obligation de remplir une déclaration et de payer des impôts. Ne pas remplir ses obligations fiscales par exemple peut avoir de graves conséquences sur les finances
actuelles et futures de la personne.

Pour lutter contre ce phénomène et en réponse à une motion déposée par le Conseil municipal, la Ville de Vernier a mis en place de nouvelles mesures qui s’articulent autour des axes majeurs suivants : mener une détection précoce des situations d’endettement, mettre en place des actions de prévention en amont, informer sur les risques, favoriser un apprentissage de la responsabilité citoyenne. En parallèle, la Ville de Vernier a interdit sur le territoire communal toutes les publicités pour les petits crédits ; les jeunes particulièrement sensibles étant les premiers touchés.

Concrètement, la municipalité a mis en places deux mesures ciblées : une campagne d’information et la mise sur pieds d’ «ateliers impôts », pour les jeunes majeurs qui reçoivent et doivent remplir pour la première fois leur déclaration. A Vernier, ce sont donc 3’700 jeunes âgés de 18 à 25 ans qui ont reçu une brochure et un courrier les sensibilisant aux questions d’endettement. Concernant « l’atelier impôts », il s’agit pour les professionnels de l’action sociale de ne pas faire « pour » mais « avec » la personne dans la perspective de l’autonomiser grâce à un accompagnement personnalisé lors du remplissage de la déclaration d’impôts.

Pour Thierry Apothéloz, Maire en charge du service de la cohésion sociale : au-delà de l’aide pratique qui pourra être apportée à ces jeunes, il s’agit également de pouvoir les sensibiliser à leurs devoirs de majeurs, notamment au niveau financier. Par ces mesures, nous avons la volonté de lutter contre le surendettement pour accompagner les jeunes verniolans afin que ces derniers ne débutent leur vie d’adulte en situation de précarité ». Mackenson, un jeune verniolan de 21 ans représentatif de cette génération, nous confie que dans son entourage l’endettement est encore un tabou. Beaucoup de ses amis sont pris dans un engrenage et
n’arrivent pas à s’en sortir. C’est une situation difficile, pouvoir en parler et bénéficier d’un soutien et d’un suivi redonne de l’espoir et permet d’aller de l’avant. Les ateliers impôts, quant à eux, vont lui permettre de gérer seul sa situation financière et décharger ses parents. Une première étape vers l’indépendance.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la politique sociale jeunesse de la Ville de Vernier et bénéficient d’un relai important par le biais du réseau jeunesse très actif sur la commune. Elles sont également menées en étroite collaboration avec les partenaires institutionnels et associatifs.


Communiqué de presse de la Ville de Vernier - 26.02.2015

17:33 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook