08/08/2011

"Vernier mérite de l'ambition", mon discours du 1er août au Lignon

1er_Août_2011_053_.jpgMadame la présidente du Conseil municipal,

Mesdames et Messieurs les Députés au Grand Conseil,

Mesdames et Messieurs les Constituants,

Messieurs les Conseillers administratifs, chers collègues,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

Monsieur le secrétaire général adjoint du département de l’instruction publique, de la culture et du sport,

Chères habitantes et chers habitants,

Avant de débuter, je tiens absolument :


A être reconnaissant des collaboratrices et les collaborateurs des services communaux de la police municipale, de la culture, de la voirie, de la récupération, des équipements et des espaces verts, ces personnes de l’ombre, qui ont installé cette infrastructure pour nous permettre de vivre une belle fête aujourd’hui. Savez-vous par exemple que pour monter une telle manifestation il est nécessaire de faire plus de 80 allers-retours entre le centre d’entretien et Le Lignon ?


D’avoir également un clin d’œil tout particulier aux nombreuses associations présentes aujourd’hui pour vous offrir de quoi vous restaurer en rappelant qu’elles ne sont composées que de bénévoles.


A remercier enfin les membres de la troupe L’Echo de Vernier, sa section chorale, et la fanfare de Vernier pour nous aider à interpréter notre chant patriotique.


Je vous remercie de bien vouloir, toutes et tous, les applaudir chaleureusement.


Début du mois d’août 1291, trois cantons scellent leur volonté de se prêter les uns aux autres n’importe quels secours, appui et assistance. Tirée du pacte de 1291, cette phrase est capitale. Elle fonde l’entraide entre trois cantons. Plus fondamentalement, elle exprime une nouvelle ambition : celle de s’unir, de construire une vie différente, dans le respect et la solidarité. Ce pacte de 1291, à une époque difficile, constituait un véritable un pari sur l’avenir.

Aujourd’hui, 720 ans plus tard, ce pari est gagné : la Suisse est un pays prospère, sur, où il fait bon vivre. Les idéaux de solidarité qui animaient nos trois cantons fondateurs ont réalisé pendant longtemps l’ambition politique d’une Suisse ouverte sur le monde, accueillante et fière de ses idéaux. Mais cet équilibre est fragile. Face aux attaques incessantes de forces politiques qui aiment à dévoyer le message de notre pacte fondateur, il nous faut rester vigilants et continuer de prôner la solidarité, l’entraide et le vivre-ensemble. C’est particulièrement vrai à Vernier, où le multiculturalisme est une fierté, où nous tirons notre force de nos différences, où nous nous battons chaque jour pour savoir et pouvoir vivre ensemble.

A l’instar des trois cantons fondateurs, mes collègues Yvan Rochat et Pierre Ronget avons pour Vernier de grandes ambitions et les défis qui nous attendent sont nombreux dans un futur proche, dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale,. A l’instar des trois cantons fondateurs, nous mettrons nos éventuelles différences de côté pour travailler avec ambition, et audace, afin de relever ensemble les défis de l’avenir.

Une ambition sociale tout d’abord. Face au défi d’une société toujours individualiste, minée par les inégalités et l’indifférence, nous nous devons de permettre à chacun de trouver sa place, de vivre dans la dignité. Pour ne laisser personne au bord du chemin. La Suisse a la chance de connaître trois niveaux de démocratie : la Confédération, le canton et les communes. Or, ce dernier est pour moi le plus important. C’est celui de la proximité, celui qui permet d’apporter des solutions efficaces et innovantes. Un exemple ? Cette expérience à l’époque unique de démocratie participative que nous avons engagée ici-même, en 2005, et qui s’appelle « Contrat de Quartier » a rencontré tellement de succès que bien d’autres communes, aujourd’hui (Carouge, Lancy, Onex et même la Ville de Genève) nous ont imités ! C’est dire si l’action de proximité des communes compte et peut avoir des effets concrets sur le quotidien des gens !

Une ambition environnementale ensuite. La pression du développement sur l’environnement est une réalité vécue toujours plus douloureusement dans la société, notamment dans notre ville. Nous visons un objectif d’exigence de la protection de l’environnement et de notre territoire et nous aspirons à la sobriété plutôt qu’à la consommation à tout va. Et cela passe aussi par un message fort auprès du canton, qui doit cesser de considérer Vernier comme une banlieue industrielle. Notre ville mérite un vrai développement, durable, qui améliore la qualité de vie de ses habitantes et de ses habitants !

Une ambition économique, enfin. Face au formidable développement de notre ville ces dernières années, il nous faut continuer à favoriser la création d’emploi et à attirer sur notre territoire des entreprises qui soient avant tout responsables, conscientes de leurs devoirs sociaux, et qui concluront de vrais partenariat avec Vernier.

A chaque moment, dans nos cercles respectifs, nous pouvons contribuer à ce que Vernier développe ses trois  nouvelles ambitions, sociale, environnementale et économique. Nous aurons besoin de toutes et de tous. D’un monde politique cohérent, sérieux et compétent,  d’associations qui soient soutenues et encouragées, bref, des habitantes et des habitants qui font la fierté de notre commune. Chacun à son niveau peut contribuer à améliorer la qualité de vie à Vernier. L’histoire ne se construit en effet pas toute seule !

Aujourd’hui, malgré ses vénérables 720 ans d’âge, la Suisse demeure à mes yeux un pays jeune, plein de vigueur et d’audace. C’est pourquoi je voulais que ce 1er août 2011 soit placé sous le signe de la jeunesse, justement. Lorsque je dis que je compte sur toutes et tous pour faire le Vernier de demain, je compte naturellement sur notre formidable jeunesse, trop souvent caricaturée et réduite aux problèmes de violence. Certains médias alimentent cette image. Certains partis politiques l’utilisent à mauvais escient. Mais la jeunesse c’est aussi et surtout une capacité d’innovation, de créations. A Vernier comme ailleurs, on la trouve bruyante parfois. Elle est aussi généreuse, motivée et responsable.

On stigmatise souvent les jeunes et on a bon dos de les rendre toujours responsables de tous les maux de la société. Pourtant nous connaissons des jeunes dans nos proches, dans nos familles dont nous sommes fiers et pour lesquels nous voulons un avenir meilleur.

C’est également la raison pour laquelle j’ai demandé aujourd’hui à trois jeunes de notre ville de prendre la parole à mes côtés : Magali Bossi, écrivain et membre de l’avenir accordéoniste de Châtelaine, Djibi Diallo, président de l’association « Play With Fairplay » et Said Abdirizak, co-président de l’association des jeunes de Vernier-village. Ils représentent à mes yeux l’avenir de Vernier, cette Suisse de demain, fière, forte, multiple. A coup sûr, les trois cantons fondateurs de notre démocratie seraient aujourd’hui fiers de notre capacité à rassembler les uns et les autres au-delà de leurs différences, et à vivre ensemble. C’était leur ambition en 1291. C’est la mienne en 2011.


Vive la Suisse !


Vive Genève !


Et, ambitieuse et prête à relever la tête haute les nombreux défis qui l’attendent, vive la ville de Vernier !

Thierry Apothéloz,

Maire de Vernier

20:35 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook