24 avril 2012 Journée noire pour Genève

Merck Serono supprime 1250 emplois à Genève, 500 licenciements secs et 750 propositions de replacement très compliqués pour les employé-e-s ayant une famille (Pekin, Boston ou Darmstadt), autant dire que le nombre de personnes au chômage après la fermeture risque d’être très élevé.

C’est un drame pour les employé-e-s et leur famille pour qui j’ai une pensée dans les épreuves difficiles qui vont venir, mais aussi pour Genève qui voit son tissu industriel se déliter. Ces licenciements auraient-ils être évités ? Je ne peux pas en être certain mais des éléments ne peuvent que nous choquer. Pendant que certain-e-s perdent leurs emplois, voient leur avenir s’assombrir, d’autres, les actionnaires de Merck Serono reçoivent des dividendes en augmentation de 20% pour un total de 272 millions d’euros. L’incompréhension est totale. Comment une société qui se dit en difficulté par manque de molécule prometteuse peut-elle choisir sciemment de récompenser ses actionnaires tout en se débarrassant de sa force vive, sa force d’innovation ?

Alors, en tant que Genevois, en tant que Socialiste, je ne peux que dénoncer ces licenciements. La droite a aussitôt pointé du doigt l’initiative socialiste qui vise à supprimer les allégements fiscaux pour les entreprises. Un peu vite sans doute : il se pourrait qu’au moment de l’achat de Serono, Merck ait bénéficié des fameux allégements fiscaux. Genève n’aurait-elle pas offert des avantages à une société qui, au lieu d’investir dans le travail et l’innovation, choisit de payer ses actionnaires ? De toute façon, devrions-nous accorder des allégements à des entreprises qui préfèrent le profit à court terme à l’investissement à long terme.

Genève a mal à son développement économique. Nous devons nous engager auprès des syndicats pour défendre l’emploi, pour obtenir des conditions de sortie décente si l’emploi ne peut être maintenu ; nous devons nous engager pour développer une économie locale créatrice d’emplois durables. Tout ceci ne sera pas aisé mais je suis engagé au Parti Socialiste pour y parvenir ; et cela commence dès le 17 juin avec l’élection d’Anne Emery-Torracinta, pour une Genève plus juste et plus solidaire. Sans privilèges.

Il demeure que pour bien des raisons ce 24 avril 2012 restera une journée bien noire pour Genève.

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