14/10/2012

Budget 2013 : le PLR est irresponsable

 

Le PLR, avec l’appui du MCG et de l’UDC, a refusé l’entrée en matière sur le budget. La raison avancée : diminuer de moitié le déficit annoncé de 278 millions.

 

On pourrait sourire de cette position de la part d’un parti qui a refusé toutes les propositions même modestes pour que les plus aisés d’entre nous participent à l’effort. On pourrait même rire de la position d’un parti qui a trois représentant-e-s au gouvernement, dont est issu le projet de budget. On pourrait encore rire du fait que durant les trente dernières années la gauche n’a été majoritaire qu’une seule fois et qu’à ce titre la dette est un héritage de la droite.

 

Mais, je n’ai pas le cœur à rire, car derrière les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui vont souffrir des conséquences.

 

En effet, 140 millions, c’est moins de médecins, moins d’infirmières et infirmiers, moins d’enseignant-e-s, plus d’attente pour les chômeuses et les chômeurs, plus d’attente pour un passeport ou un  permis, plus d’élèves dans les classes, moins de moyens pour la recherche. En d’autres mots, c’est moins pour celles et ceux qui en ont besoin le plus.

 

Le PLR joue aux apprentis sorciers en refusant le débat/l’entrée en matière et une approche équilibrée des finances publiques. Ce n’est pas seulement de la basse politique à courte vue, c’est surtout irresponsable face aux défis auxquels Genève doit faire face.

08:24 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

11/10/2012

Hausse du chômage à Genève, à qui profite le crime ?

 

Comme l’a annoncé hier la Tribune, les statistiques genevoises du chômage ne disent pas toute la vérité ; le nombre de demandeurs d’emploi est en hausse et ce n’est malheureusement pas une surprise.

 

Cet été, j’avais déjà dénoncé le transfert massif et croissant des chômeurs vers l’Hospice général (+ 30% en 2011[1]). Il apparaît désormais que le temps d’attente pour l’inscription au chômage auprès de l’Office cantonal de l’emploi (OCE) réduit également artificiellement les chiffres du chômage.

 

Alors, à qui profite le crime ?

 

Certainement pas à celles et ceux qui doivent patienter trois semaines en moyenne avant de percevoir leurs indemnités et pouvoir chercher activement un emploi (cf. le Courrier du 19 septembre 2012).

 

Pas davantage à celles et ceux qui sont poussés vers l’aide sociale se voyant privés des prestations supplémentaires du chômage et stigmatisés encore plus.

 

Non, cette baisse artificielle du chômage profite à celles et ceux qui défendent les derniers choix budgétaires et la politique d’emploi actuelle.

 

Ceci est intolérable, cela d’autant plus que derrière les chiffres se cachent toujours des situations humaines dramatiques.

 

Une nouvelle fois, j’invite avec conviction Madame Rochat à prendre des mesures urgentes, notamment par l’engagement de personnel supplémentaire afin de résorber le temps d’attente à l’OCE.

 

Alors même que les chiffres étaient connus depuis cet été, que prévoit le budget 2013 du canton pour faire face à la montée du chômage ? Rien. Une Conseillère d’Etat ne saurait se réfugier devant les conséquences des choix budgétaires de son parti. Il s’agit désormais d’assumer pleinement ses responsabilités devant les chômeuses et les chômeurs, devant tous les Genevoises et les Genevois qui souffrent de la conjoncture.

07:42 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

04/10/2012

La sécurité appartient à la police

 

Le projet de police-citoyenne annoncé à grands renforts de messages populistes n’est pas une idée nouvelle. Depuis 1992, le dispositif existe dans certaines zones villas du canton de Vaud. Pour quels résultats ? Nous n’en savons évidemment rien, les initiatives n’ayant fait l’objet d’aucune évaluation, qui plus est en milieu urbain. Si la mesure en elle-même mérite d’être réfléchie, la façon dont s’en est emparé le MCG pourrait dangereusement dégénérer en donnant aux citoyens une place qui ne peut en aucun cas leur appartenir. Compte-tenu des dérives auxquelles nous ont habitués les populistes en terme de discours sécuritaires, la proposition confine même à vouloir se faire justice soi-même, ce qui permet de craindre le pire.

 

 

 

Le projet soulève en premier lieu la question de la place de chacun dans la société moderne. Demander aux habitants de se substituer à la Police, c’est mettre en danger tant la population que les forces de l’ordre. L’une des grandes avancées de l’Etat de droit est d’avoir réussi à confier à la seule Police la délicate mission de la sécurité publique et de l’avoir entrainée et équipée en conséquence. Quelles que soient les louables intentions qui animent les habitants désireux d’une meilleure sécurité, le risque est trop grand de permettre à chacun de devenir du jour au lendemain le shérif de son quartier. Des bavures se produisent en effet inéluctablement lorsque la problématique sécuritaire dans son sens premier est abandonnée – même en partie – aux citoyens. L’exemple extrême et tragique de Trayvon Martin, ce jeune innocent assassiné par un vigile raciste en Floride au printemps 2012, illustre bien les risques inhérents à ce type de dispositif.

 

 

 

Aujourd’hui, au lieu de parachuter des habitants dans un rôle dangereux pour eux-mêmes et les autres, nous devons plus que jamais réaffirmer notre soutien indéfectible aux forces de l’ordre. Nous devons aussi aller plus loin. Conformément à une proposition que j’ai formulée récemment, le Canton de Genève doit maintenant créer des zones de sécurité prioritaire pour affecter plus de moyens là où il y a davantage de besoins. Aujourd’hui, il faut prioritairement renforcer une présence policière visible dans les quartiers qui en ont le plus besoin.

 

 

 

Occuper le terrain, c’est déjà résoudre une partie du problème. Mais pas avec des milices citoyennes. Avec les forces de l’ordre. Cela implique que notre Police obtienne les moyens adéquats et que le Canton prenne ses responsabilités. Faute de quoi, effectivement, les dérives sécuritaires impliquant des citoyens justiciers dont les populistes font aujourd’hui l’apologie risquent de se développer, dangereusement.

 

17:40 Écrit par Thierry Apothéloz dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook