17/05/2013

La sécurité des enfants doit primer

Selon l’OCDE, la Suisse figure parmi les dernières places en matière d’efforts pour la petite enfance. Une dynamique de renforcement n’est – hélas – vue par certains partis que comme des dépenses supplémentaires.

A Genève, comme ailleurs, la petite enfance coûte cher. Mais le retour sur investissement est avantageux. Des études suisses ont démontré que chaque franc investi en petite enfance en rapporte trois à l’économie, puisque, notamment, elle permet aux femmes de travailler, de consommer et de participer à l’effort fiscal.

Au-delà de l’aspect économique, notre politique de prise en charge permet de préparer les enfants au long apprentissage de la vie. Elle améliore également notablement les chances de l’enfant dans sa formation et permet d’atténuer les différences sociales. Dans la lutte contre les inégalités, la petite enfance joue un rôle majeur. Un accueil de qualité permet à un enfant, lorsque les moyens sont attribués, de rattraper un déficit d’apprentissage, le préparant ainsi au mieux à sa scolarité future. Une crèche avec un encadrement adéquat est donc un atout pour le futur de nos enfants.

Plus qu’ailleurs, le secteur de la petite enfance demande des mesures de sécurité drastiques. On ne plaisante pas avec la sécurité des enfants en bas âges ; on n’économise pas des bouts de chandelle. Pourtant, diminuer ces mesures de sécurité, c’est exactement ce que veulent faire prochainement l’UDC, le MCG et le PLR, par une révision de la loi sur les structures d’accueil (J 6 29) : augmenter de 30% le nombre d’enfants par adulte ! En comparaison romande de la prise en charge des 3-4 ans, cette décision est inique. Fribourg, Jura, Neuchâtel, Valais prévoit 1 adulte pour 8 enfants. A Genève, Berne et Vaud, c’est 1 adulte pour 10 enfants. Demain, il est envisagé qu’un adulte s’occupe de 13 enfants de 3-4 ans et de 10 enfants de 2-3 ans.

Imaginons les effets concrets dans un groupe actuels composé de deux adultes (formés ou non) et de 20 enfants. Si un éducateur s’occupe d’un enfant qui s’est écorché un genou ou qu’il réponde à la question d’un parent, le second gère le reste du groupe, soit 26 enfants. Même à l’école enfantine, un enseignant ne gère pas autant d’enfants dans sa classe. Et on veut nous faire croire que, dans la petite enfance, cela est possible sans risque majeur ?

Je me demande quelle sera la réaction des partis qui soutiennent ce projet le jour où l’un de nos enfants aura un accident par manque d’encadrement. Par la faute des incendiaires de la République, cette proposition péjore durablement la vie des enfants. Il semble que pour certains partis nos enfants valent moins que ce qu’ils coûtent. Je m’oppose à cette vision avec fermeté.

 

Thierry APOTHELOZ, Conseiller administratif Vernier, en charge de la petite enfance, candidat au Conseil d’Etat.

Article paru dans la Tribune de Genève - 16 mai 2013 - Rubrique "Face à face"

08:38 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook

Commentaires

Il faut bien résoudre ce problème d'une manière ou d'une autre, plus que personne ne veut construire suffisamment de crèches.
Pourtant, ce ne sont pas les terrains qui manquent plus qu'il se construit tout le temps des bureaux, partout.
Et puis, la politique familiale est une catastrophe en Suisse.
Rien a voir avec les pays scandinaves ou alors la France, pays voisin.

Écrit par : Victor Winteregg | 17/05/2013

Bien sûr ... pas un mot sur l'ASLOCA qui empêche toute construction dans le canton.

Écrit par : Victor Winteregg | 17/05/2013

@Monsieur Winteregg: je publie volontiers votre commentaire, même si celui-ci est sans rapport avec le sujet de cette note. Je ne saurais donc y répondre...

Bien à vous.
Thierry Apothéloz

Écrit par : Thierry Apothéloz | 17/05/2013

Tout cela c'est du mensonge bien programmé pour faire peur aux parents.Depuis la maltraitance dénoncée par les victimes elles-mêmes ,faut pas exagérer.L'enfant en Suisse est surprotégé ce qui n'est guère mieux.Il faut surtout orienter les parents afin qu'ils ne fassent pas plus de deux enfants s'ils sont sans travail et surtout orienter nombre de femmes qui succombent au charme de mâles encore mariés et qui ont la fameuse phrase miracle entre les lèvre,mais oui je t'aime et je vais divorcer:
C'est aux femmes à se montrer plus directe et se méfier des loups aux dents blanches surtout ceux qui utilisent la religion comme approche et il en existe
Encore une fois les femmes ont obtenu le droit de vote mais relationnel ,alors là elles clouent au pilorio les anciennes qui par leurs témognages pourtant ont averti depuis plusieurs générations.Quand on veut faire de la politique on commence par faire de la politique chez soi,qui veut bien diriger se doit de commencer par Soi en premier
Je peux vous certifier que vivant entourée d'étrangers du Sud,les mamans elles ne laissereront jamais l'éducation de leur enfant à autre qu'elle ou un membre de la famille et pour peu que la grand-mêre vive tout près ça barde et pour les enfants et le reste de la famille.Le matriarcat du Sud n'a pas que des inconvénients sauf pour l'homme obligé d'obéir et à sa femme et sa mère
La France parait moins rassurante concernant l'éducation des enfants,là Pro-Juventute aurait du travail surtout avec les mouvances sectaires qui elles et l'OMS le sait sont véritables poisons pour tout le monde

Écrit par : lovsmeralda | 18/05/2013

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