09/06/2013

Pierre Mauroy, un parcours exemplaire

"Dès ma jeunesse, j'ai eu la chance de trouver ma voie, celle de l'engagement, et mon camp, celui des socialistes. Et je n'ai jamais eu à regretter mon choix".

 

Avec le décès de Pierre Mauroy, c’est une grande partie de l’histoire du socialisme en France qui disparaît. Pierre Mauroy était en effet un socialiste de terrain, un homme d’action, pragmatique, engagé, qui n’a jamais cédé ni aux sirènes du populisme, ni à la tentation médiatique. Il était – selon ses propres termes – né socialiste. Et il sera jusqu’au bout resté fidèle à ses idéaux. Homme simple, ennemis des énarques et des technocrates, il a su, pas à pas, avec une habileté fine, faire triompher ses idées et contribuer tant au progrès de la France que de sa région du Nord, sur laquelle il a régné durant plus de 20 ans.

En compagnie de Charles Beer, j’ai eu la chance, en mars 2011, de partager un repas en sa compagnie dans son fief de Lille. Je garde le souvenir d’un homme de conviction, incroyablement clairvoyant, optimiste et toujours aussi passionné par le combat pour la justice sociale.

Ensemble, nous avons bien entendu parlé éducation (sa fondation Léo-Lagrange a été pionnière dans l’éducation populaire, soit l'animation socioculturelle, en France), mais également crise économique, monde ouvrier et, surtout, avenir du socialisme. Cet homme qui a présidé pendant 7 ans l’Internationale Socialiste m’a frappé par la finesse de son analyse politique contemporaine. Défenseur acharné du principe de solidarité, Pierre Mauroy incarnait à merveille l’éthique politique, préférant de loin réaliser des projets pour le bien commun, plutôt que d’occuper les médias, comme d’autres, pour sa simple gloriole personnelle.

Je ne peux pas évoquer Pierre Mauroy, sans parler de sa ville de Lille. C’est grâce à lui, cet homme visionnaire, que la citadelle des brumes est entrée de plain-pied dans le 21ème siècle, devenant un carrefour incontournable de l’Europe d’aujourd’hui.

Jamais, peut-être, une ville n’aura-t-elle autant de dû à un homme politique. Jamais, peut-être, ne verrons-nous de socialistes aussi authentiques, engagés et convaincus que ne le fut Pierre Mauroy. Une page de l’histoire politique du socialisme se tourne. A nous de perpétuer son message.

22:04 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

Commentaires

@Monsieur Apothéloz ,oui un très grand homme disparait et il faisait partie d'une élite d'hommes qui eux ne se laissaient pas manipuler par les médias.Leur très grande intelligence semble elle ne pas avoir été léguée aux suivants ce qui est de plus en plus regrettable.Ces hommes avaient un avantage certain ,ils savaient ne jamais mélanger torchons et serviettes ou si vous voulez ne mélangeaient pas le politique,leur vie privée et le professionnel.
L'Armée Suisse qui nous éduqua bien malgré elle,place d'Armes oblige nous aura appris très vite à nous méfier des médias ce qui doit ravir Monsieur Payot et d'autres journalistes malheureusement tous décédés mais qui eux aussi ne passaient pas leur temps à barboter dans la marre aux infos bidouillées auxquelles des partis doivent ajouter leur plume bien acérée pour faire chuter les concurrents .
C'est plus de la politique excusez du peu ,on se croirait revenu au temps des petits détaillants,vous me livrerez je vous prie une livre de socialistes avec papier de fête et un ruban UDC pour mieux l'offrir,rire
toute belle journée pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 10/06/2013

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