26/08/2013

De l'ambition pour l'école genevoise

En ce jour important de rentrée scolaire, je souhaite partager avec les élèves, leurs familles, les enseignantes et les enseignants, toutes celles et tous ceux qui participent ou qui se sentent à juste titre concernés par l’école quelques éléments fondamentaux.

Construire une école démocratique qui allie instruction et éducation, c’est l’objectif que le prochain gouvernement devra réussir.

L’école n’est pas que le lieu de la transmission du savoir, c’est aussi un lieu où se développent le respect, la coopération, l’intégration, la conscience citoyenne et le sens du civisme, où s’initie le goût de se former tout au long de la vie, où l’on éveille les futur-e-s participant-e-s à la vie collective, associative, Citoyenne.

Cela est d’autant plus indispensable que Genève n’échappe pas à la montée des inégalités, à la dégradation des conditions et du niveau de vie d’une partie de sa population. Dans ces circonstances, à défaut d’un patrimoine économique, bien des familles comptent sur le patrimoine de l’éducation pour faire face aux défis du futur.

Nous ne pouvons pas les décevoir, nous devons réussir : la cohésion sociale des prochaines générations dépend de ce que nous ferons aujourd’hui ensemble, autrement, pour l’école genevoise.

Cette école connaît bien des transformations souhaités par le peuple genevois : nouveau Cycle d’Orientation, journée à accueil continu, école le mercredi matin ainsi que de nombreuses et importantes adaptations dans le nouveau contexte du concordat intercantonal sur l’harmonisation scolaire (HARMOS). Il s’agit pour moi de s’appuyer sur les opportunités de ces changements pour offrir une école inclusive.

La formation obligatoire jusqu’à la majorité est une immense avancée que vient de nous offrir la nouvelle Constitution genevoise, il s’agira de la mettre en œuvre pour mieux travailler sur la prévention des ruptures de parcours qui interviennent malheureusement trop souvent entre la fin du cycle d’enseignement secondaire et le choix des filières de formations post-obligatoires.

Les actuels et les nouveaux défis impliquent que les collectivités prennent les mesures qui s’imposent et en faisant de l’école la priorité des priorités et donner les moyens nécessaires à cette ambition. Et cela, je veux le porter au prochain gouvernement.

Au niveau cantonal, cette priorité devra être portée transversalement par l’ensemble des départements et non par le seul département de l’instruction publique, de la culture et du sport. Avec le département de l'urbanisme, de permettre de (re)construire des bâtiments scolaires de qualité, avec le département de l'économie de créer des passerelles pour tout ce qui touche à la formation et l’insertion professionnelle et encore avec le département de l'action sociale, de réintégrer au plus vite des jeunes adultes bénéficiant de l’aide sociale.

A ceux qui se cantonnent aux considérations budgétaires, n’oublions pas qu’un budget n’est rien d’autre qu’un choix de priorités politiques.

Je l’affirme : il nous faut renverser ces choix. La vision à long terme doit prendre le pas sur les actions éphémères. C’est la seule possibilité de lutter contre la reproduction sociale des inégalités et d’assurer la cohésion sociale, indispensable à une vie en collectivité.

Alors, aujourd’hui, j’apporte mon soutien aux élèves et aux familles qui sont la raison d’être de notre école et qui souvent estiment à juste titre qu’on ne fait pas assez pour cette école. Ils ont raison : les moyens alloués par la majorité de droite du Parlement font l’objet de manœuvres politiques insupportables et dangereuses.

Aujourd’hui, j’apporte mon soutien aux enseignantes et aux enseignants qui font un métier noble et qui estiment que les moyens manquent. Leur engagement au quotidien reste le plus prometteur des gages de réussite pour les élèves et leur avenir.

Aujourd’hui, j’affirme aussi ma volonté de répondre aux défis avec mobilisation, engagement et concertation. Nous devons nous appuyer sur les richesses de l’école, des services et des institutions de l’Etat (SSJ, SPMI, OMP, FASe, etc.), mais aussi sur les ressources de ses partenaires (associations professionnelles, GIAP, parents, proches, etc.).

D’une fondation cantonale pour la petite enfance à la réalisation du campus Biotech de l’Université de Genève et de l’EPFL, des apprentissages aux Hautes Ecoles Spécialisées, Genève sera fière de miser sur l’éducation et l’instruction, sur l’exigence comme sur l’ambition.

Je sais ce que je dois à l’école. D’origine modeste, je sais ce qu’elle m’a apporté pour me permettre de trouver une place dans la société et j’en suis fier.  Je sais que notre école est de qualité et pour notre école, il faut faire plus, qu’il faut faire mieux. Je sais qu’aujourd’hui l’école a connu d’importants changements ces dernières années et que de nombreux défis s’annoncent. Mais que cela soit dit, je ne me satisfais pas que l'on parle uniquement de l'école à l'occasion de la rentrée : il faut en parler maintenant au quotidien pour construire notre futur.

Je souhaite à toutes et à tous une belle année scolaire .

Thierry APOTHELOZ

12:36 Écrit par Thierry Apothéloz dans Ecole et formation | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

Commentaires

De l'art de parler beaucoup pour ne pas dire grand-chose. Parler de qualité c'est bien, mais il serait intéressant de savoir ce que vous entendez par là. Où vous placez-vous dans le débat très tranché entre les promoteurs d'une rénovation de l'éducation et ceux qui résistent et militent pour le maintien de l'école à grand-papa ?
Je salue en revanche votre souci de transversalité qui est une vraie difficulté pour le collège. Espérons que le département présidentiel sera investi de cette responsabilité.

Écrit par : Pierre Jenni | 26/08/2013

Etre concis, un art difficile, mais primordial lorsque l'on veut définir les priorités en éducation!

Écrit par : Michèle Roullet | 26/08/2013

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