24/04/2014

40 ans après, trouvons aujourd'hui les nouvelles révolutions de demain

J'avais à peine 3 ans quand s'est déroulé la Révolution des Oeillets au Portugal. Évidemment, je n'ai pas de souvenir de 1974, mais j'ai en revanche suivi tout au long de ma vie le parcours de ce pays passionnant qu'est le Portugal. Les enjeux qui ont été posés au Portugal ont d'abord été démocratiques et le pays a su relever ces défis. D'un pays anti-démocratique aux confins de l'Europe, tourné vers l'outre-mer, le Portugal est devenu en l'espace de 40 ans un pays au destin européen incontestable, ancré dans une démocratie vivante où l'alternance politique est possible. Ces défis sont également d'ordre économique et social. Si le Portugal était encore il y a quelques années un pays extrêmement pauvre, les gouvernements successifs ont réussi à améliorer globalement le sort des portugaises et des portugais. Globalement uniquement. Car à y regarder de plus près, le Portugal n'a pas réussi à constituer une classe moyenne stable. Les forces économiques actuelles pousse la population vers l'extrême richesse ou vers la précarité. Pour preuve le Portugal était en 2012 le troisième pays de l'Union Européenne avec l'indice d'inégalité le plus fort dans l'Union. 40 après une révolution démocratique, économique et sociale, il est maintenant temps pour le Portugal de trouver sa nouvelle révolution: celle-ci doit être démocratique et participative, en incluant la population dans les échelons locaux premièrement. En tant que Maire, j'ai pu constater que certains villes étaient comme Vernier de véritables laboratoires sociaux. Antonio Costa, maire de Lisbonne, que j'ai eu plaisir de rencontrer, a réussi à créer à Lisbonne une politique créative de participation et d'inclusion qu'il serait utile d'élargir à l'ensemble des municipalités. Cette révolution doit être sociale et économique en créant les mesures nécessaires à une plus grande justice sociale et une meilleure distribution des richesses, notamment en ciblant sur l'innovation, la formation et la lutte contre les inégalités. Le Portugal et le peuple portugais doivent retrouver l'espoir et comme en 1974 redonner la place à sa société civile.

17:50 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook