24/06/2016

Bye bye Britain !

La Grande Bretagne a choisi de quitter l’Union Européenne. Bye Bye Britain.

J’entends déjà la joie des europhobes de Grande-Bretagne, bien sûr, de l’Union Européenne, évidemment, et de Suisse, quoi de plus normal. Je perçois également la joie des critiques de droite et de gauche de cette Union européenne honnie.

Les perdants de la mondialisation et de la libre circulation ont envoyé un message aux gagnants de l’ouverture. Les régions désindustrialisées les battues ont envoyé un message à Londres la victorieuse. Les campagnes ont dit leur fait aux villes. Londres la ville monde, la cosmopolite, n’a pas suffi. L’Ecosse l’europhile n’a pas pesé lourd.

Beaucoup s’en réjouissent chez nous. Enfin, l’UE est battue.

Je ne suis pas ceux là. La victoire de la fermeture n’est jamais un bon signe.

Dans notre monde et notre Europe, interconnectée, ce résultat nous plonge dans des abîmes d’incertitude. Les bourses plongent. Le Franc suisse s’envole. Une économie mondiale, européenne et suisse encore fragile s’enrhume à nouveau.

Je regarde ces résultats ; je tente de les analyser. J’essaie de les interpréter à l’aune de la réalité genevoise et suisse. Et, je ne suis malheureusement pas surpris.

La campagne du « remain », du OUI à l’Europe, celle de l’ex premier ministre David Cameron a utilisé les mêmes méthodes que celles employées lors des élections générales de 2015 et du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en 2014 : la peur.

Cette fois-ci, cela n’a pas fonctionné. Ou, en tous les cas, les pro-Brexit ont touché avec plus de dextérité les peurs de certains Britanniques.

Difficile de dire à ceux qui voient les pressions exercées sur leurs emplois et leurs salaires qu’une sortie de l’UE mettrait à mal l’économie. Compliqué de parler chute du marché à ceux qui encaissent de plein fouet les conséquences des politiques d’austérité.

Quand Londres dit oui à l’Europe, elle dit oui au dynamisme de la capitale, aux opportunités offertes par l’UE et la libre circulation. Quand l’Ecosse dit oui à l’Europe, elle dit oui aux bénéfices de la qualité de membre et à l’appartenance à un corps plus large que la Grande-Bretagne. Oui à un projet, des perspectives et des actions concrètes.

Je suis convaincu que face à ceux qui veulent que la Suisse Genève se referment seul un message positif et lucide est possible. Offrir des perspectives, un avenir face aux peurs. Ne pas répondre à la peur par la peur.

Oui, les accords bilatéraux avec l’UE ont bénéficié à Genève, à son économie, mais pas directement à tous et toutes les Genevois-es.

Des conventions collectives et des salaires minimums liés sont nécessaires afin que la sous-enchère salariale ne soit pas un corollaire obligatoire de la libre circulation. Fournir une formation à tout âge pour que les perdants rejoignent le camp des gagnants face à une économie qui se transforme. Une intervention locale auprès des entreprises pour que les ressources qui existent soient utilisées à leur plein potentiel.

Il est donc possible d’offrir une vision positive de l’avenir afin de répondre aux incertitudes d’un monde, d’une Europe et d’une Suisse en constante mutation. Se voiler la face devant les inquiétudes légitimes de celles et ceux qui se sentent abandonné-e-s dans ce monde hyper-compétitif ne sert à rien. Se refermer, et faire semblant d’ignorer, qu’avec ou sans nous, le monde continuera à se développer, à se rapprocher, est une chimère qui n’offre que des réponses simplistes, provisoires et contreproductives, mettant en danger notre avenir.

Je ne joue pas à ce jeu-là. A la tête d’une commune populaire, je connais cette réalité. Je tente d’offrir la vision d’une société, d’une communauté, solidaire qui peut fonctionner pour toutes et tous. Par des programmes, des actions concrètes, je veux montrer au quotidien qu’il est possible de construire un projet commun.

Alors, je ne me réjouis pas du Brexit. Je n’hurle pas avec la meute. Je me remets au travail pour Vernier et pour Genève, pour une société plus juste, pour toutes et tous.

16:52 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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