18/09/2016

AVS +, un investissement pour l’avenir

Le 25 septembre prochain, nous voterons sur l’initiative demandant une augmentation de 10% des rentes AVS. Initiative solide, intelligemment présentée et visant à améliorer la qualité de vie de nos seniors et aînés, « AVS+ » a le mérite de la clarté. Clarté d’un choix de société qui n’entend pas laisser les retraités vivre dans la précarité ou dépendre de l’aide sociale (prestations complémentaires) pour subvenir à leurs besoins de base. Clarté d’une politique résolument tournée vers l’avenir et la sécurité, lorsqu’on sait combien les revenus des fonds de prévoyance (2ème pilier) sont instables et plus risqués que jamais. Clarté d’une volonté d’investir dans le bien-être de celles et ceux qui, d’ici moins de 30 ans, composeront plus de la moitié de la population Suisse.

« AVS+ » est un projet viable et financièrement sain, basé sur un financement paritaire (salariés/employeurs), qui permettra de diminuer d’autant le recours aux aides étatiques. C’est donc bien le fruit du travail, et non une augmentation de la fiscalité, qui financera cette réévaluation des prestations. C’est là le principe même de notre système assurantiel. Quoi de plus sain !

Aujourd’hui, en Suisse, ce sont près de 200'000 personnes qui gardent la tête hors de l’eau, uniquement grâce au soutien financier des prestations complémentaire, qui viennent combler les montants trop bas de la seule AVS. Est-ce normal dans un pays aussi riche que le nôtre ? Comment peut-on justifier, avec les richesses que nous produisons, que près de 4 femmes sur 10 n’ont que leur AVS pour vivre ?

Certes le pays vieillit, c’est le cas partout en Europe. Certains diront qu’il faut donc limiter les coûts de la vieillesse… quelle logique absurde ! Alors que, toutes et tous, nous ferons un jour ou l’autre – de plus en plus nombreuses et nombreux – partie de cette population, il est au contraire temps d’investir dans le bien-être des seniors.

Il est aujourd’hui grand temps de s’emparer de la problématique du vieillissement de la population. Non pas sous l’angle des coûts que ce phénomène va engendrer, mais bien en fonction de la qualité de vie que nous voulons offrir à celles et ceux qui doivent pouvoir profiter d’une retraite à l’abri du besoin.

Nous sommes aujourd’hui face à un tournant de notre politique sociale. Sommes-nous prêts à faire les efforts pour investir dans nos seniors, ou allons-nous continuer à considérer que le travail de toute une vie ne mérite rien (ou presque) ?

17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook