24/01/2017

L’Hebdo, une case en moins

presse, magazine, suisse, suisse romandeJ’ai appris aujourd’hui avec une grande tristesse la disparition prochaine de l’Hebdo. Un journal qui avait trouvé – je le croyais – sa place dans le paysage médiatique romand.

Disons-le tout de go : je n’ai – de loin – pas toujours d’accord avec ses positions. Ses attaques répétées sur les élus de gauche m’avaient fait hésiter à renouveler mon abonnement.
Je laisse donc aux hypocrites le soin de crier leur désespoir sur les réseaux sociaux.

Mais, bien moins que son contenu, c’est le symbole que représente la disparition de l’Hebdo – comme n’importe quel autre titre de presse – qui m’émeut aujourd’hui.


Pour une presse libre et indépendante

On le sait, l’existence d’une presse (relativement) libre et (relativement) indépendante, variée et plurielle, est le fondement même de notre démocratie. Sa condition d’existence. A chaque titre qui disparaît, c’est une voix qui s’éteint. Et qui, visiblement, vu le marasme actuel, ne sera pas remplacée. Cela concentre donc encore le débat (politique, sociétal, économique, moral) dans un cercle chaque fois plus restreint de titres de presse. Qui voient donc à chaque fois leur pouvoir d’influence s’agrandir.

On aura compris le danger que cela représente pour la formation de nos opinions. Qui sont déjà tellement mises à mal par la vacuité incommensurable de la pseudo-information et « réinformation » qui pollue la toile, nos messageries électroniques et les réseaux sociaux.

Quel paradoxe que celui de notre époque, où l’information n’a jamais été aussi facile à obtenir, mais est devenue si difficile à trier…

Des pertes d’emplois lourdes

Enfin, ce qui me met en colère est la perte d’emplois qu’engendre cette annonce. Des hommes et des femmes jetés après un engagement sans faille, souvent depuis des années. Dans le marché particulièrement tendu de la presse écrite, la reconversion va sans doute être laborieuse.

L’Hebdo s’en va. Je n’ai pas toujours partagé ses vues. Mais j’aurais voulu qu’il reste vivant encore longtemps. Celles et ceux qui sont attaché-e-s à la formation libre de l’esprit démocratique devraient, je l’espère, partager mon désarroi.

10:49 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

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