08/11/2012

François, Sylvie et Philippe attaqués par les Libéraux et les Radicaux ou le coup du PLR contre les classes moyennes et les bas revenus

 

Février 2013…

 

 

 

François, jeune diplômé de l’Université, n’a pas trouvé d’emploi et est toujours en attente de pouvoir s’inscrire au chômage. En ouvrant son courrier, il découvre une mauvaise surprise : le montant de ses impôts s’élève désormais à CHF 365, bien plus que les CHF 25 de l’année passée. C’est particulièrement gênant pour François qui avait déjà des problèmes à payer son indispensable abonnement de bus.

 

 

Philippe a finalement pu s’inscrire au chômage non sans difficultés. Il a rendez-vous à l’Office cantonal de l’emploi pour faire le point avec sa conseillère qui l’a déjà bien aidé dans ses démarches. Malheureusement, il reçoit un téléphone : son rendez-vous est annulé, sa conseillère est partie précipitamment à la retraite pour bénéficier de son PLEND, et ne sera pas remplacée. Philippe va devoir encore patienter.

 

 

Sylvie a vendu sa voiture et épuisé le modeste montant qu’elle a pu en retirer. Elle bénéficie finalement de l’aide de l’Hospice général. Ce n’est pas grand-chose mais ça aide. Quelle mauvaise surprise elle a eu ce matin en voyant qu’elle devra payer 15 fois plus de taxes. C’est autant d’argent en moins à la fin du mois et cela condamne définitivement les deux heures de répétitoires qu’elle envisageait pour son aîné pour palier la diminution des appuis scolaires en raison du départ annoncé de nombreux enseignants.

 

 

Ces personnes que je connais, je vous les ai présentées dans un récent article qui illustrait la fracture sociale grandissante à Genève. Aujourd’hui, je m’insurge contre le budget 2013 proposé par le PLR qui ne fera qu’empirer la situation déjà difficile de ces personnes. La seule augmentation des revenus de l’Etat proposée, soit l’augmentation de la taxe de base des impôts de CHF 25 à CHF 365, revient à s’attaquer uniquement aux plus vulnérables qui n’entrent pas dans le barème des impôts. Occultant aussi que cette cynique n’apporterait qu’un goutte d’eau dans les revenus de l’Etat et qu’elle engendrait des dépenses supplémentaires pour les institutions sociales, le PLR fait sien le dicton d’Alphonse Allais : « il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est-à-dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres ».

 

 

En souhaitant ne remplacer qu’un départ sur deux de fonctionnaires à la retraite, l’attaque féroce du PLR s’étend également aux classes moyennes. La proposition entrainera moins d’enseignants, moins de conseillers en placement, moins d’infirmières, moins de professionnels pour assurer la protection des mineurs, en un mot moins de prestations pour celles et ceux qui en ont le plus besoin.

 

 

Rappelons-nous que le PLR au pouvoir pendant 26 de ces 30 dernières années est manifestement en grande partie responsable de la situation financière actuelle, au nom de François, Philippe et Sylvie et de toutes les futures victimes de M. Weiss et consorts, je vous invite à résolument combattre la proposition de budget des Libéraux-Radicaux. J’affirme aussi avec conviction que la promotion de finances publiques saines et le maintien d’un service public de qualité ne pourront être réalisés que par un effort de celles et ceux qui en ont vraiment les moyens, et non uniquement par la ponction des plus pauvres. C’est aussi cela la République !

 

10:05 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

06/11/2012

François, Philippe et Sylvie : le visage de la fracture sociale derrière le masque des statistiques

Je connais bien François, un jeune diplômé de l’Université. Malgré ses recherches et ses stages, il ne parvient pas à trouver un emploi. Pour être soutenu dans ses recherches et aider ses parents à boucler les fins de mois, il souhaite s’inscrire au chômage. Malheureusement, 6 mois d’attente sont nécessaires pour obtenir les allocations du chômage, mais aussi l’aide à la recherche d’emploi. François n’entre pas dans les statistiques du chômage.

Mon voisin Philippe vient de perdre son emploi auprès d’une multinationale de la place. Il s’est décidé à aller pointer au chômage. Avec deux enfants à charge, il y a urgence à retrouver un travail ou du moins à bénéficier provisoirement d’allocations. Malheureusement, la queue est interminable à l’Office cantonal de l’emploi (OCE) et son dossier ne sera pas traité avant décembre. Un mois d’attente et de débrouille pendant lequel Philippe n’entre pas, lui non plus, dans les statistiques du chômage.

J’ai rencontré Sylvie qui n’a pas un parcours de vie facile. Malgré les formations suivies pendant sa période de chômage, elle n’a pas retrouvé de travail. Son droit aux prestations chômage épuisé, elle a frappé à la porte de l’Hospice général. Malheureusement, sa voiture nécessaire pour transporter ses enfants depuis Versoix lui fait dépasser le barème d’accès à l’aide sociale. Seule, sans aide, Sylvie n’entre ni dans les statistiques du chômage, ni dans celles de l’Hospice.

Ces situations illustrent la dégradation de la situation sociale à Genève où l’Etat, garant d’un filet social adapté, est attaqué. La nouvelle loi fédérale sur le chômage a étendu à 6 mois la période d’attente pour qu’un jeune puisse prétendre aux prestations, ce qui contraint aussi des familles peinant à finir les mois à en assumer les douloureuses conséquences.

Les réformes législatives successives ont accentué le drame de l’assistance publique. La nouvelle LIASI cantonale renvoie les chômeurs à l’Hospice qui a vu sa fréquentation augmenter de plus de 30% en 3 ans. Nombre d’usagers ne peuvent prétendre à l’aide avant d’avoir épuisé leur maigre pécule, souvent uniquement constitué d’une modeste voiture ou d’économies pour les études des enfants. Les autres doivent se contenter de ressources et d’un encadrement minimum qui ne leur laissent aucune chance de remonter la pente.

Les chiffres masquant la réalité, je ne peux me réjouir de la récente baisse du chômage. A la fin août, j’avais déjà résolument interpellé Mme Isabel Rochat pour que des mesures soient prises. A l’heure où son parti, le PLR, prépare des coupes massives dans le budget 2013 – et donc dans l’aide apportée à ceux qui en ont le plus besoin– je ne peux que réitérer cet appel : facilitez l’accès des jeunes aux mesures d’intégrations, agissez pour réduire l’attente à l’OCE et donnez des moyens supplémentaires à l’Hospice.

Finalement, reconnaissons aussi les oubliés des statistiques, car François, Philippe et Sylvie ont un visage : celui de la fracture sociale grandissante !

17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook

11/10/2012

Hausse du chômage à Genève, à qui profite le crime ?

 

Comme l’a annoncé hier la Tribune, les statistiques genevoises du chômage ne disent pas toute la vérité ; le nombre de demandeurs d’emploi est en hausse et ce n’est malheureusement pas une surprise.

 

Cet été, j’avais déjà dénoncé le transfert massif et croissant des chômeurs vers l’Hospice général (+ 30% en 2011[1]). Il apparaît désormais que le temps d’attente pour l’inscription au chômage auprès de l’Office cantonal de l’emploi (OCE) réduit également artificiellement les chiffres du chômage.

 

Alors, à qui profite le crime ?

 

Certainement pas à celles et ceux qui doivent patienter trois semaines en moyenne avant de percevoir leurs indemnités et pouvoir chercher activement un emploi (cf. le Courrier du 19 septembre 2012).

 

Pas davantage à celles et ceux qui sont poussés vers l’aide sociale se voyant privés des prestations supplémentaires du chômage et stigmatisés encore plus.

 

Non, cette baisse artificielle du chômage profite à celles et ceux qui défendent les derniers choix budgétaires et la politique d’emploi actuelle.

 

Ceci est intolérable, cela d’autant plus que derrière les chiffres se cachent toujours des situations humaines dramatiques.

 

Une nouvelle fois, j’invite avec conviction Madame Rochat à prendre des mesures urgentes, notamment par l’engagement de personnel supplémentaire afin de résorber le temps d’attente à l’OCE.

 

Alors même que les chiffres étaient connus depuis cet été, que prévoit le budget 2013 du canton pour faire face à la montée du chômage ? Rien. Une Conseillère d’Etat ne saurait se réfugier devant les conséquences des choix budgétaires de son parti. Il s’agit désormais d’assumer pleinement ses responsabilités devant les chômeuses et les chômeurs, devant tous les Genevoises et les Genevois qui souffrent de la conjoncture.

07:42 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook