11/03/2015

Vernier, un Conseil administratif qui rassemble

La politique verniolane est ainsi faite qu'il est de bon ton aujourd'hui de dire que le Conseil municipal est bloqué par des luttes partisanes que rien n'y avance. Pourtant cela est faux.

Pendant la législature qui s’achève le Conseil municipal de Vernier, constitué de 5 groupes et de deux indépendants, a beaucoup travaillé et a été saisi de plus de 160 délibérations émanant du Conseil administratif. La plupart abordent des sujets qui engagent  l'avenir de la commune et la qualité de vie de la population.

 

Un Conseil administratif responsable tel que nous le concevons doit, même s'il dispose d'une majorité, être capable de dialoguer avec tous les groupes du Conseil municipal pour faire en sorte que les projets d'importance remportent l'adhésion la plus large possible au sein du délibératif. Ici, nulle économie de débat, il faut convaincre, expliquer, décortiquer, mettre en évidence l'intérêt général du projet. C'est une exigence éthique à l'égard des élus, c'est une attitude salutaire vis-à-vis du rôle de contrôle que le Conseil municipal a à l'égard du Conseil administratif.

 

Cette politique de rassemblement nous l’avons pratiquée pendant cette législature et comptons la poursuivre pour la suite.

 

En dehors des budgets de fonctionnement qui ont tous été adoptés à de larges majorités, trois votes parmi d'autres sont exemplaires de la "méthode Apothéloz-Rochat-Ronget":

 

1. 2012. La réfection de la route du Bois-des-Frères, du rond-point et de l'Avenue du Lignon. Montant total, 12.5 millions. C'est le plus gros budget présenté ces dix dernières années. Les enjeux portent sur la mobilité, l'évolution de notre paysage urbain et la gestion des eaux.

Ce n'est donc pas un sujet qui se traite à la légère. Ainsi, après plusieurs heures de débat, d'écoute, de transmissions d'informations détaillées, le Conseil municipal vote le crédit, 4 groupes sur 5 adhèrent au projet (PS, Verts, PLR, MCG), seul l'UDC s'abstient.

 

2. 2013-2014. Petite enfance, les places manquent malgré la création ces dernières années de plusieurs crèches : Lignon, Libellules et Vernier village ainsi que la mise en place d'une structure associative pour les accueillantes familiales à la journée. Le Conseil administratif crée et anticipe. Trois demandes de crédit sont déposées devant le Conseil municipal.

En matière de petit enfance, les débats peuvent souvent être délicats à mener, ouvrir de nouvelles crèches implique d'engager du personnel et donc d'augmenter la masse salariale dans le budget de la commune, autant de sujets qui peuvent diviser. Mais là également, la conviction du Conseil administratif, son unité et la solidité des dossiers emportent à chaque fois l'unanimité des votes.

 

3. 2014. Culture. Souvent décrite comme le parent pauvre du budget, la culture verniolane a connu un coup d'accélérateur depuis 2012, de 8 spectacles annuels nous sommes passés à une centaine. Pour offrir au public et aux artistes des conditions optimums, le Conseil administratif a donc proposé au Conseil municipal la création d'un centre culturel et salle de spectacle à Châtelaine et en même temps une fondation qui aurait pour tâche de porter puis de gérer le projet. Là encore la conviction, les explications détaillées et une vision claire des enjeux de la culture à Vernier ont créé l'adhésion du Conseil municipal autour du projet du Conseil administratif. Au vote, 4 partis (PS, Verts, PLR et UDC) soutiennent le crédit d'étude contre un seul qui s'abstient. Quant à la création de la fondation, la FODAC, elle est unanimement plébiscitée par les conseillers municipaux.

 

Avec le délibératif, un exécutif ne décide pas, il propose, consulte, informe et applique. C'est notre méthode, celle que nous mettons en œuvre avec le Conseil municipal mais également avec la population verniolane dont les besoins sont au centre de nos préoccupations.

11:03 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

22/12/2014

Mort aux faibles !

Vendredi soir, le Grand Conseil genevois a tranché. Ce sera un budget résolument antisocial. Moins pour l'éducation, moins pour le logement, moins pour la santé, moins pour l'aide sociale.
 
Et au niveau des recettes? Rien. Le nouveau paradigme est inébranlable: l'Etat est trop gros. Il faut couper, et couper de préférence dans les prestations. Dans les prestations destinées aux familles, et aux plus fragiles d'entre nous.
 
Le résultat était plus ou moins attendu. Pas forcément avec une telle ampleur.
 
Une nouvelle majorité cantonale inédite a pris le pouvoir. À nous de lui faire comprendre qu'elle se trompe.
 
Car aucune société ne gagne à exclure les plus faibles au profit des plus forts. Pas longtemps en tous cas.
 
Il nous reste encore les armes de la rue, la lutte sur le terrain au chevet d'une Genève malade où les inégalités ne cessent de ce creuser.
 
La nouvelle droite n'a qu'à bien se tenir. Elle va avoir fort à faire devant la colère légitime de la population.
 
Cette nouvelle droite a gagné une première bataille. À nous de lui faire perdre la guerre.

07:50 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

30/10/2014

La République de Genève veut-elle la mort des communes ?

Depuis avril 2014, le Conseil d’Etat s’est engagé avec l’association des communes genevoises à faire un état des lieux et proposer des solutions à la délicate question des compétences canton-communes. Vaste sujet que celui-ci, qui alimente un grand nombre de fantasmes de part et d’autre sur la redondance des prestations, l’autonomie communale, les doublons divers, les coûts engendrés ou les mesures d’économie possibles. L’un dans l’autre, nous n’avons pas le choix, puisque la nouvelle Constitution nous invite à rapidement nous déterminer les uns et les autres sur une répartition plus harmonieuse et efficace des compétences. Cela n’est pas tant le processus qui déplaît. C’est la méthode.

 

Le canton veut décider seul ou comment passer d’une négociation à une consultation des communes

Lors d’une séance du comité de pilotage canton-communes, ce mardi, il a été expressément décidé de ne pas communiquer à l’externe sur les travaux en cours, afin d’éviter des réactions épidermiques sur des travaux qui en sont encore à leurs débuts. Mais le Président du Conseil d’Etat ne l’a pas entendu visiblement de cette oreille, puisqu’il a annoncé urbi et orbi le contenu actuel des discussions. Aurait-il voulu saper le processus, il ne s’en serait pas pris autrement ! Car son agenda est clair : plutôt que de dialoguer avec les communes et essayer de dégager des terrains d’entente – et il y en a plein – le président du gouvernement préfère passer en force et solliciter directement le Grand Conseil. Les communes n’avancent pas assez vite selon lui. Et de nous rabâcher son pseudo-argument éculé, comme quoi, s’il avait fallu 8 mois pour réunir les deux Allemagnes, il ne comprenait pas pourquoi cela prenait autant de temps que de répartir les compétences canton-commune.

 

Il se trompe : il a fallu plus de 20 ans pour réunir les deux Allemagnes. Mais là n’est pas l’essentiel. Au-delà de cette comparaison futile, c’est surtout la complexité du domaine qui est en cause, et les méthodes cavalières choisies par le Conseil d’Etat pour passer en force, plutôt que de choisir la résolution conjointe des problèmes avec les 45 communes concernées. En voulant éliminer les communes du processus décisionnel, notre gouvernement risque simplement de faire capoter tout le projet.

 

Les enjeux sont énormes

Genève est une ville canton, où ce dernier s’est arrogé la plupart des pouvoirs, contrairement aux autres cantons de Suisses, dans lesquels l’autonomie des communes est souvent très importante. Ceci explique peut-être aussi pourquoi la plupart des communes connaissent une situation financière plus ou moins correcte, alors que la dette du canton ne cesse de s’alourdir. Il est intéressant de voir, à titre de comparaison, que le canton de Vaud est parvenu en quelques années à réduire presque entièrement sa dette publique, qui s’élevait à 9 milliards, essentiellement en transférant une partie de ses prérogatives aux communes… qui ont vu leur propre dette cumulée passer dans le même temps de 1 à 5 milliards. Le transfert de charge est donc manifeste et, au final, les collectivités publiques sont tout autant endettées. Ne croyons donc pas une seconde que l’objectif du Conseil d’Etat est d’améliorer l’efficience de l’Etat à Genève. C’est encore et toujours une affaire de gros sous : donner aux communes ce que le canton ne veut plus faire. Les sous suivront. Quand ? Combien ?

 

Les bases d’un dialogue constructif

Le communes genevoises ne sont pas opposées à une meilleure répartition des tâches. Après tout, elles sont les collectivités publiques ayant le moins de compétences de Suisse. Et leur vision de proximité serait un atout indéniable pour toute une série de prérogatives qui pourraient intelligemment leur être confiées. Mais pas à n’importe quel prix. Et, surtout, pas n’importe comment. Quand on sait qu’aujourd’hui le canton souhaite, par exemple, transférer les structures d’aide et de maintien à domicile aux communes alors même qu’il a fallu 15 ans de bataille, à l’époque de Guy-Olivier Segond, pour centraliser l’ensemble de ces prestations dans un dispositif cantonal ! Désenchevêtrer pour enchevêtrer ensuite, voilà une logique de fonctionnement qui m’échappe. Et les exemples sont encore nombreux.

 

Le rôle des communes

Si le canton veut donner plus de pouvoir aux communes, qu’il le fasse. Personne ne s’en plaindra, tant il est vrai que les spécificités de chacune d’entre elles rendraient peut-être bien plus pertinentes une décentralisation de certaines prestations. Il y a forcément matière à travailler sur ce sujet. Mais que le canton joue carte sur table et ne tente pas, comme c’est le cas ici, de décider seul, avec l’appui du Grand Conseil, qui fera quoi à l’avenir. Et, surtout, avec quels moyens. N’oublions pas que les communes sont la base politique de notre pays. Elles préexistaient aux cantons et sont des collectivités publiques auxquelles les citoyennes et citoyens sont particulièrement attachées. Elles sont proches, disponibles, réactives. Leur autonomie, garantie par la Constitution fédérale, ne doit pas être remise en cause pour d’obscures raisons budgétaires dont le but inavoué est de leur faire porter le chapeau d’une mauvaise gestion des affaires cantonales.

 

 

En voulant se décharger lâchement de ses prérogatives sans concertation tout en trouvant ça et là de pathétiques économies de bout de chandelle (cérémonies pour les centenaires, baisse de l’aide sociale, suppression des l’affranchissement des enveloppes de vote), le canton renvoie l’image d’un avion sans pilote. Après un an d’existence, il semble que notre gouvernement navigue à vue, sans projet, sans direction politique, sans vision. Au risque de se crasher. Ou d’exploser en vol.

17:33 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

01/10/2014

L'ambition de la proximité d'une ville pas commune

Discours à l'occasion de l'assemblée générale de l'association des communes genevoises le 27 septembre 2014 au Lignon. 

 

Monsieur le président du Grand Conseil,

Monsieur le président du Conseil d’Etat,

Messieurs les Conseillers d’Etat,

Mesdames et Messieurs les Maires, Conseillères et conseillers administratifs, adjointes et adjoints, administrateurs et administratrices, chères et chers collègues,

Messieurs les anciens présidents de notre association,

Messieurs les présidents et représentants des partenaires des communes, IMAD, SIG, HG, BCGe, TPG

Madame la directrice de l’Union des villes suisses,

Monsieur le représentant de l’association des communes suisses,

Madame la représentante de l’union des communes vaudoises,

 

Avec mes collègues du Conseil administratif, Yvan Rochat et Pierre Ronget, permettez-moi de vous souhaiter une cordiale et amicale bienvenue à Vernier, tout particulièrement au cœur de cette cité du Lignon, chère à mon cœur.

 

Comme certains d’entre vous le savent, j’ai posé ici mes valises il y a près de 15 ans. Dans cet immeuble, qui, il y a à peine vingt ans, tenait encore un record : celui d’être le plus long du monde.

 

Je l’avoue volontiers. J’aime cette Cité multiculturelle et ses habitant-e-s. Ses associations nombreuses. Ses infrastructures publiques. Son premier jardin robinson de Suisse. Son centre commercial. Elle a été construite au début des années 60 pour répondre à une grave crise immobilière, ressemblant furieusement à celle que nous vivons aujourd’hui. Il fallait de l’ambition et du rêve pour construire une cité comme celle-ci !

 

Le Lignon offre une parfaite image de notre canton, où les générations, les origines et les classes sociales se mélangent et vivent ensemble en harmonie.

 

Cette harmonie constitue un équilibre délicat qu’il convient de cultiver chaque jour, au risque de le voir dépérir si on n’en prend pas correctement et régulièrement soin.

 

A quelques pas d’ici, il y a deux semaines, un incendie terrible ravageait l’Eglise catholique du Lignon. Et voici un quartier traumatisé, alors même que quelques jeunes idiots trouvaient malin d’émettre des commentaires déplacés sur cette tragédie et postaient une vidéo pathétique sur les réseaux sociaux.

 

Il n’en fallait pas plus pour que les médias s’enflamment, dressent du Lignon et de ses habitantEs, un portrait catastrophique. Que ces mêmes médias véhiculent, de ce quartier, une image négative qui ne ressemble en rien à la beauté et à la sérénité que je lui connais.

 

Cet équilibre qui régit la cohésion sociale dans notre canton est donc un bien précieux, mais aussi un bien fragile. Il suffit d’une étincelle malvenue pour attiser le feu de la haine, de l’intolérance et du mépris.

 

Osons le redire : on ne gouverne pas en flattant les plus bas-instincts, mais en allant de l’avant, droit dans ses bottes, et fidèles à des idéaux démocratiques et républicains.

 

En ceci, il serait important pour toutes les communes comme la nôtre, qui sont touchées de plein fouet par la précarité, voire la pauvreté, de pouvoir enfin bénéficier des effets de la « loi sur la politique de cohésion sociale en milieu urbain » votée par le Grand Conseil en avril 2012.

 

Ce nouveau dispositif, pour lequel bon nombre d’entre nous ici se sont battus, doit dès à présent,  impérativement, déployer ses effets.

 

Encore récemment, le dernier rapport du CATI-GE de septembre 2014 montre que les inégalités ne cessent de se creuser. Il devient impératif que le Conseil d’Etat se penche sérieusement sur ce problème, avant que la fragile cohésion sociale, qui existe encore, ne vole en éclat.

 

Il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer encore les incroyables disparités de moyens qui existent entre les collectivités publiques à Genève.

 

Fermer les yeux ne fait que repousser l’inéluctable. Je vous invite Monsieur le président du Conseil d’Etat ainsi que vos collègues de ne jamais, jamais, renoncer à lutter contre les inégalités. C’est la pire des injustices et nous avons tous une responsabilité dans la poursuite de celles-ci.

 

Dans le climat politique actuel, fort de notre rôle de proximité, il est de notre devoir à nous, les magistratEs communaux, de montrer l’exemple et d’apaiser les peurs irrationnelles plutôt que de prêter le flanc les partisans de l’intolérance. Il nous faut pour cela résister aux sirènes du populisme ambiant et faire, au final, confiance à la sagesse et au bon sens de nos citoyenNEs.

 

Le récent chantier du désenchevêtrement des compétences, que le Conseil d’Etat a ouvert, est peut être l’occasion ou la porte d’entrée d’un nouvel équilibre territorial, mais surtout des compétences qui renforcent l’élaboration de solutions de proximité. Encore faut-il que nous puissions en avoir le temps. Car l’énergie ne manque pas. Pas même les idées.

 

Un autre axe est celui des finances. Les réformes financières (imposition lieu de domicile, réforme des entreprises, taxe professionnelle) de ces prochaines années donneront ou non la possibilité aux communes genevoises d’innover dans la recherche – une fois encore – des solutions rapides, efficaces, efficientes à destination de la qualité de vie dans nos quartiers et du mieux-vivre ensemble. Nous avons la responsabilité de nous battre pour que la proximité soit reconnue, valorisée, soutenue et non réduite à néant par des réformes insupportables.

 

Ici à Vernier, c’est l’ambition de tous les instants que nous menons.

 

Nous le faisons par des infrastructures et des projets conçus pour – et souvent aussi « par » les habitants.

 

Lorsque, dans l’invitation à cette assemblée générale, je vous ai dit vouloir vous surprendre, je ne vous mentais pas : c’est ici, au Lignon, que nous avons implanté les premiers « Contrats de Quartier » du canton. C’est ici que nous testons depuis près de 10 ans les bienfaits de la démocratie participative de proximité, qui donne la parole à toutes et tous, sans privilèges, quel que soit son âge, sa provenance, sa nationalité ou ses idées. Plutôt que de toujours décider du haut de notre mairie ce qui est bien, nous préférons demander en premier lieu aux habitants de nos quartiers ce que, EUX, ils veulent pour améliorer leur quotidien.

 

Et ce type de démarche fonctionne, croyez-moi : depuis 10 ans, ce sont près de 162 projets collectifs qui ont vu le jour ! Nous avons des bénévoles qui organisent des vide-greniers, gèrent un Beach-Volley durant les deux mois d’été, et une patinoire durant tout l’hiver. Nous avons des gens qui mettent en place des Ethnopoly géants, de ateliers informatiques à destination des seniors, des repas communautaires, des voyages pour personnes à mobilité réduite. Nous avons des jeunes qui s’impliquent à ouvrir des salles de sport, à proposer des aménagements sportifs urbains, à organiser des fêtes multiculturelles.de nous battre pour que la proximité soit reconnue, valorisée, soutenue et non réduite à néant par des réformes insupportables.

 

Nous développons des partenariats innovants avec les entreprises de la région, nous créons un restaurant à vocation d’intégration professionnelle pour y placer. Nous crééons un nouveau dispositif de correspondants de nuit pour assurer une plus grande tranquillité publique en complément de l’engagement d’agents de police municipale pour une sécurité de proximité.

 

Nous oeuvrons à un plan de mobilité exigent et ambitieux pour modifier les habitudes de mobilité pour un environnement plus sain. Nous offrons plus de 140 spectacles culturels, du théâtre à la danse, d’Antigel à la Bâtie, de la musique barock à Vernier sur Rock.  

 

A Vernier, ce qui surprend, c’est aussi le formidable élan de la vie associative et les dynamiques communautaires qui foisonnent.

 

Au fond, j’aime à dire que Vernier est peuplée de vrais gens. Les vrais gens, ce sont celles et ceux qui ont dans le cœur la richesse qu’ils n’ont peut-être pas forcément ailleurs.

 

Alors, chères et chers collègues, chères et chers invités, je vous invite à vous laissez-vous surprendre par notre « ville pas commune ». Par son Lignon majestueux. Par ses quartiers populaires vivants. Par la richesse de sa diversité. A l’image de notre canton en somme.

 

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à Vernier.

16:14 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

02/08/2014

Discours du 1er août 2014 à Vernier : c'est ensemble que nous sommes plus forts

Madame la présidente du Conseil municipal, chère Christina,

Messieurs les Conseillers administratifs, chers Collègues,

Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux,

Chères habitantes, chers habitants, d’ici et d’ailleurs.

 

Bienvenue à Vernier. Je suis très heureux de vous accueillir ici pour la célébration de notre fête nationale.

 

Une fête que le Conseil administratif de Vernier a voulu populaire, accessible et appartenant à toutes et à tous, rassemblés autour de ce qui nous relie aujourd’hui comme demain : la Suisse.

 

A mon sens, le 1er août est plus qu’une fête.

 

C’est le jour où nous célébrons, ensemble, l’amour de notre pays. Pour nous remémorer la promesse d’entraide et de confiance que trois petites vallées alémaniques se sont faites il y a 723 ans dont les libres citoyens se sont promis de s’assister mutuellement de toutes leurs forces et envers quiconque tenterait de leur faire violence.

 

Nous célébrons aussi et surtout la Suisse de 1848, fondée par une nouvelle constitution fédérale, qui fera de la Suisse un pays moderne, ouvert aux droits fondamentaux. Indispensable pour que notre Société se vive avec respect et dignité.

 

Cette Suisse, notre Suisse, a bien changé, année après année. Elle continue de le faire. La Suisse est un pays à part. On l’envie, on la jalouse, on la critique, on la condamne, on l’admire et la plupart du temps on l’aime. Elle ne laisse personne indifférent, et pour cause. Ce petit pays, au cœur de l’Europe, est un pays unique  à bien des égards, par son fédéralisme, son respect des différences culturelles et linguistiques et sa démocratie directe.

 

A bien des égards, Vernier également est unique. Plus que jamais, nous portons bien, notre devise d’une « ville pas commune ».

 

D’un petit village il y a de cela moins de cent ans, Vernier est aujourd’hui devenue, à l’échelle de notre pays, une grande ville, une belle ville, qui fait face avec courage et détermination, aux défis de son temps : de nouveaux quartiers inclusifs, une économie locale juste et engagée, une cohésion sociale forte pour ne laisser personne sur le bord du chemin, la lutte contre les injustices qui frappent les plus fragiles d’entre nous. A ce propos, un écrivain disait : « Que ce monde soit absurdre, c’est l’affaire des philosophes et des humanistes. Mais qu’il soit injuste, c’est notre affaire à tous ».

 

Vernier aussi, aujourd’hui, on la jalouse, on l’envie et on l’admire. Petit à petit, notre ville pas commune gagne sa place dans la cour des grands. Vernier, on la voit aujourd’hui de moins en moins comme une banlieue triste, faite de barres d’immeubles, de larges routes et de citernes, comme c’était le cas lorsque j’étais enfant aux Avanchets.

 

Par son dynamisme, notre ville est devenue un exemple pour beaucoup d’autres. Cela fait aujourd’hui ma fierté. Cela fait certainement la vôtre également.

 

Aujourd’hui, Vernier est devenue un laboratoire des bonnes pratiques, de bonnes idées, en matière d’action sociale, de culture, d’aménagement, mais surtout composé de volonté, d’ambition et de persévérance.  

 

Le regard des autres sur notre ville a changé, parce que Vernier a changé.

 

Des Contrats de Quartiers, des Correspondants de Nuit, des finances maîtrisées, une politique de l’emploi en partenariat direct avec les entreprises, un plan de mobilité audacieux et efficace, un doublement des places de crèches, une sécurité de proximité renforcée, des grands projets comme le quartier de l’Etang, le futur centre sportif près d’ici ou encore le centre culturel de Châtelaine sont autant de réalisations et de projets qui nous animent.

 

Ces projets témoignent de la volonté de Vernier de prendre le train en marche de l’ambition et d’affronter le 21ème siècle sous les meilleurs auspices, en mettant toutes les chances de son côté pour se doter d’infrastructures et de projets qui améliorent concrètement, au quotidien, la qualité de vie de ses habitantes et de ses habitants.

 

Vernier n’est pas forcément riche. Mais j’aime à dire que nous, les verniolanes et verniolans, nous avons dans nos cœurs la richesse que nous n’avons pas forcément ailleurs. Car si notre ville avance aussi vite, affronte avec vigueur et enthousiasme les défis de son temps, c’est aussi parce que nous pouvons compter sur l’engagement et la motivation de toutes et de tous.

 

C’est peu dire que, à Vernier, la solidarité, la vie associative, l’engagement pour les autres, ont toujours eu un fort ancrage historique. En ceci, notre ville est une belle illustration du serment de 1291 : s’aider les uns les autres, participer activement et souvent avec passion, à la vie de la communauté, s’engager pour améliorer le vivre-ensemble sont autant de valeurs qui font partie de l’histoire et de la tradition de Vernier.

 

Cette tradition, nous voulons la faire vivre et la faire prospérer, en encourageant, chaque fois que cela est possible, la population à donner son avis, à décider avec nous, à prendre elle-même des décisions.

 

La triste actualité à travers le monde ces dernières semaines nous montre à quel point la démocratie, la participation, le respect, l’écoute, l’inclusion de toutes les minorités sont des valeurs que nous devons chérir et pour lesquelles nous devons continuer de nous battre ensemble. Quand nous touchons à un de ces principes, quand les extrêmes nous éloignent du bon sens, de la volonté de trouver un compromis, c’est toute une société qui peut être fragilisée, détruite dans le pire des cas.

 

C’est un peu dans ce sens que j’ai souhaité que la célébration de notre 1er août, notre fête nationale, se déroule aujourd’hui sous le signe de « la proximité ».

 

La proximité de l’agriculture, tout d’abord, qui fait partie intégrante de l’histoire de notre pays, et dont nous pouvons aujourd’hui savourer la richesse du terroir. Pensons au fait que sans les paysans, les cultivateurs, les éleveurs, nous serions incapables de nous nourrir. La souveraineté alimentaire, même difficile à atteindre, doit rester un de nos objectifs.

 

Et cela n’est pas parce que Vernier n’est pas spécialement réputée pour être une terre agricole, qu’il faut pour autant oublier que l’agriculture a été – et est encore – l’un des moteurs qui a permis à la Suisse de traverser les siècles et de connaître aujourd’hui la prospérité qui est la sienne. En ce sens, je vous invite à découvrir la richesse de notre patrimoine agricole, genevois et suisse, dont j’ai voulu qu’il soit l’emblème de la proximité qui nous rassemble aujourd’hui.

 

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’inviter Madame Patricia LÄSER, paysanne à Presinge. Elle prendra la parole tout à l’heure pour vous transmettre sa double vision : de femme et de paysanne dans notre canton.

 

Cette proximité, au-delà du slogan, je la veux aussi entre l’administration et les habitantes et habitants de Vernier. Nous développons sans cesse, depuis plusieurs années, le principe d’une administration qui soit à l’écoute et au service de la population.

 

Pour exemple, il y a l’idée d’ouvrir les principaux bureaux de l’administration le samedi matin, ou bien plus tard le soir, afin de permettre à celles et ceux qui travaillent la journée, d’avoir accès aux services et aux prestations de notre ville.

 

La proximité de l’administration, c’est aussi ce projet novateur et presque révolutionnaire que nous avons mis en œuvre dans le quartier des Libellules, et qui a permis aux habitants eux-mêmes de décider à quoi devrait ressembler leur quartier demain.

 

Ce projet, comme vous l’avez peut-être su, a été jugé particulièrement digne d’intérêt dans les plus sphère de notre pays, ce qui nous a valu récemment la visite exceptionnelle de la Conseillère fédérale Simonetta SOMMARUGA dans le quartier des Libellules. Une belle reconnaissance pour Vernier !

 

Cette proximité, enfin, j’espère que vous la constaterez également au niveau du politique. Je ne crois pas me tromper en affirmant que tant le Conseil municipal que le Conseil administratif, sont et resteront à l’écoute de la population.

 

Loin de effets de manche, des réprimandes stériles ou des agitations de certains, votre Conseil administratif, comme les trois Suisses qui ont prêté serment il y a plus de 720 ans, continueront à se battre pour faire de Vernier une ville d’ambition, une ville forte, où il fait bon vivre et où chacune et chacun a sa place.

 

Ce ne sont pas les défis qui manquent, mais nous entendons bien, continuer longtemps, à les relever ensemble, comme nous le faisons depuis maintenant plus de trois ans.

 

Mesdames et Messieurs, ma conviction est acquise :

 

C’est ensemble que nous sommes plus forts.

 

Vernier est plus forte lorsque nous travaillons ensemble plutôt que divisés.

 

Vernier est plus forte lorsque nous cherchons à nous entendre, à nous respecter, plutôt qu’à nous fâcher.

 

Vernier est plus forte lorsque ses habitantes et ses habitants participent et construisent, ensemble, plutôt que de se plaindre et se lamenter.

 

Je suis convaincu que, comme les trois Suisses, nous devons regarder toutes et tous ensemble, dans la même direction pour préparer le futur. Avec sérénité. Avec enthousiasme. Avec ardeur.

 

Vernier a l’ambition de relever les défis de l’avenir. Avec vous. Avec nous.

 

Je souhaiterai conclure mon intervention en adressant mes sincères et chaleureux remerciements à toutes les personnes et aux services communaux qui ont contribué à la réussite de cette fête populaire :

 

  • le service de la culture et des bibliothèques,
  • l’artiste Mika qui a illustré notre Mairie pour l’occasion,
  • l’ensemble des services du centre d’entretien,
  • le service de la cohésion sociale,
  • le service de la police municipale,
  • les sapeurs-pompiers de Vernier,
  • le service école et locations,
  • les bénévoles et les associations communales
  • les artistes et les invités.

 

Je vous propose de les applaudir !

 

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une très belle fête du 1er août.

 

Vive Vernier !

Vive Genève !

Vive la Suisse !

 

 

 

 

18:23 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook