01/08/2014

A propos du drapeau suisse...

Le drapeau suisse nous appartient à toutes et tous. Il faut en être fier.

Il représente à la fois notre histoire, nos valeurs, notre démocratie directe, notre fédéralisme, mais il est aussi l'image de notre pays ouvert sur ses cultures et sur celles des autres. Certains veulent enlever le drapeau ou au contraire forcer à l'afficher partout: déterminer comment notre drapeau doit être utilisé est en réalité une manière de le confisquer aux Suisses, de choisir à sa place.

Bonne fête nationale à toutes et à tous !

12:55 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

24/04/2014

40 ans après, trouvons aujourd'hui les nouvelles révolutions de demain

J'avais à peine 3 ans quand s'est déroulé la Révolution des Oeillets au Portugal. Évidemment, je n'ai pas de souvenir de 1974, mais j'ai en revanche suivi tout au long de ma vie le parcours de ce pays passionnant qu'est le Portugal. Les enjeux qui ont été posés au Portugal ont d'abord été démocratiques et le pays a su relever ces défis. D'un pays anti-démocratique aux confins de l'Europe, tourné vers l'outre-mer, le Portugal est devenu en l'espace de 40 ans un pays au destin européen incontestable, ancré dans une démocratie vivante où l'alternance politique est possible. Ces défis sont également d'ordre économique et social. Si le Portugal était encore il y a quelques années un pays extrêmement pauvre, les gouvernements successifs ont réussi à améliorer globalement le sort des portugaises et des portugais. Globalement uniquement. Car à y regarder de plus près, le Portugal n'a pas réussi à constituer une classe moyenne stable. Les forces économiques actuelles pousse la population vers l'extrême richesse ou vers la précarité. Pour preuve le Portugal était en 2012 le troisième pays de l'Union Européenne avec l'indice d'inégalité le plus fort dans l'Union. 40 après une révolution démocratique, économique et sociale, il est maintenant temps pour le Portugal de trouver sa nouvelle révolution: celle-ci doit être démocratique et participative, en incluant la population dans les échelons locaux premièrement. En tant que Maire, j'ai pu constater que certains villes étaient comme Vernier de véritables laboratoires sociaux. Antonio Costa, maire de Lisbonne, que j'ai eu plaisir de rencontrer, a réussi à créer à Lisbonne une politique créative de participation et d'inclusion qu'il serait utile d'élargir à l'ensemble des municipalités. Cette révolution doit être sociale et économique en créant les mesures nécessaires à une plus grande justice sociale et une meilleure distribution des richesses, notamment en ciblant sur l'innovation, la formation et la lutte contre les inégalités. Le Portugal et le peuple portugais doivent retrouver l'espoir et comme en 1974 redonner la place à sa société civile.

17:50 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

20/11/2013

La justice sociale n'est pas une utopie, elle se bâtit petit à petit

J’aspire à une Genève plus juste. En tant que socialiste, je souscris donc à un idéal de justice « sociale ». Un idéal de société où chacun a sa place et peut vivre dans la dignité.

La justice sociale est un idéal d’égalité. Par ce terme, je n’entends pas une société où tout le monde serait identique ou également heureux. Le concept d’égalité vise en fait à reconnaître que chacun a une vie à mener et des projets dignes d’être poursuivis, ce qui justifie d’organiser la société d’une manière leur assurant des moyens égaux de réaliser leurs fins.

Ces moyens sont divers. Il y a bien sûr les libertés politiques et personnelles, mais aussi des biens, services ou opportunités tels le revenu, l’éducation, la santé, l’emploi, sans oublier l’environnement social et naturel qui peuvent contribuer à l’épanouissement des individus. Certains moyens sont nécessaires à presque tout individu, alors que d’autres ne conviennent qu’à certains. Nous ne cherchons donc pas à donner exactement les mêmes moyens à chacun, mais seulement à leur garantir des moyens qui seront adaptés à leurs projets pour qu’ils soient également outillés pour faire face à la vie et à ses défis.

Il va sans dire que l’intérêt de cette égalité est nécessairement lié à sa durabilité, tant écologique que socioéconomique et politique. Il est inutile de réaliser cette égalité si c’est pour la voir disparaître après quelques années parce que nos ressources sont épuisées ou s’il faut la maintenir d’une manière autoritaire.

Au niveau des ressources, nous pouvons tenter de limiter les grandes accumulations de moyens ou adopter des mesures qui améliorent le sort des plus désavantagés. Je pense qu’il y a plusieurs manières d’atteindre ces objectifs, que ce soit par le biais de transferts monétaires, du financement de services publics par les impôts ou de l’échange régulé sur le marché, mais ce qui doit nous guider c’est davantage l’effet durable sur les inégalités que l’attachement à des institutions ou politiques particulières. Cet argument sur les ressources est valable dans tous les secteurs de l’activité publique : inégalités scolaires, inégalités face à l’emploi, inégalité dans le logement, la santé, etc.

Travailler au quotidien sur ces problématiques, déconstruire les discours vindicatifs au profit d’un objectif commun de bien-être, c’est ce qui rend mon engagement socialiste pragmatique. Pragmatique, car je tente par petites touches, là où je le peux, de faire changer les choses.

Il est en effet illusoire de penser que l’égalité se décrète ou qu’elle se réalise rapidement. Il y a des étapes et des choix de société importants à faire. L’égalité est un idéal qui doit rester suffisamment éloigné pour sans cesse devoir y consacrer nos efforts, et suffisamment concret en même temps pour pouvoir y apporter continuellement des améliorations. Mais il doit, dans tous les cas de figure, dicter les choix politiques qui sont les notres, à une époque ou on a de plus en plus tendance à renoncer aux idéaux sociaux, sous prétextes qu’ils nivellent nos sociétés par le bas, alors même que, au contraire, ils sont les seuls à lui donner l’équilibre nécessaire pour sa survie. Mon engagement politique a toujours tendu vers cet objectif.

Tout cela peut sembler bien abstrait et ce serait dommage d’en rester sur cette impression. Mes dix années au Conseil administratif de Vernier ont montré que des exemples concrets existent : des correspondants de nuit pour assurer une plus grande tranquilité publique, des places de crèches en augmentation pour qu’elles profitent aux femmes, aux familles (en particulier monoparentales), à l’économie, des dispositifs d’insertion sociale et professionnelle en lien avec des entreprises partenaires, des contrats de quartiers pour faire vivre la démocratie participative et locale quelque soit le passeport. Chacune de ces mesures, à sa façon, change durablement le quotidien des gens. Elles n’ont pas prétention à changer le monde ni à résoudre définitivement la question des inégalités, mais simplement à contribuer, chacune à sa façon, à renforcer la justice sociale en améliorant les conditions de vie des personnes à qui elles s’adressent. C’est cette politique déterminée des petits pas qui est, j’en suis persuadé, le chemin à suivre pour plus de justice sociale.

 

 

16:12 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook

31/07/2013

Ma Suisse

Certains revendiquent à tous vents le monopole de la Suisse, de son image, de son caractère. Ils n’hésitent alors pas à se limiter à une image réductrice, mythique ou unique de la Suisse.

Je crois au contraire que la Suisse est multiple, non seulement dans ce qu’elle est, mais aussi dans les différentes visions que l’on peut avoir d’elle.

Ma Suisse, c’est celle de Heidi, une Suisse aux paysages idylliques. Mais c’est aussi celle de Philippe, paysan de montagne qui tous les jours produit du lait tout en entretenant le paysage.

Ma Suisse, c’est celle de Guillaume Tell, une Suisse à l’esprit indépendant et de résistants. Mais c’est aussi celle d’Amélie qui dénonce les pratiques salariales et de gestion du personnel injustes.

Ma Suisse, elle gagne sur le terrain avec son équipe de foot moins de 20 ans et avec Roger Federer. Ma Suisse, elle gagne aussi quand une grande partie de l’équipe est issue de l’immigration et parce que Roger Federer est ambassadeur d’une Suisse multilingue et multiculturelle.

Ma Suisse, elle perd quand au lieu de s’inspirer de sa tradition humaniste et d’ouverture, elle préfère le discours de rejet et de fermeture.

Ma Suisse, elle gagne quand elle démontre son savoir faire, sa haute technologie, en offrant des perspectives à toutes et tous. Ma Suisse, elle gagne quand Claudio décroche le poste pour lequel il a étudié et travaillé.

Ma Suisse, elle perd quand les inégalités ne cessent de se creuser. Ma Suisse, elle perd quand Maria, qui vit ici et fait des ménages depuis 25 ans,  voit se fermer toutes les portes devant elles en raison uniquement de son statut de sans-papier.

Ma Suisse, ce sont les trottoirs que j’arpente, les sentiers que je parcours. Ce sont surtout les gens qui m’entourent, que je croise et ceux que j’écoute pour ensemble construire un pays où il fait bon vivre.

Ma Suisse, elle est donc ouverte, multiple et se doit d’être attentive à chacune et chacun. Ma Suisse, elle appartient à celles et ceux qui participent à la construction du bien commun.

Au fond, ma Suisse, c’est la vôtre. 


Je vous souhaite une belle fête nationale. 

 

 

16:44 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

09/06/2013

Pierre Mauroy, un parcours exemplaire

"Dès ma jeunesse, j'ai eu la chance de trouver ma voie, celle de l'engagement, et mon camp, celui des socialistes. Et je n'ai jamais eu à regretter mon choix".

 

Avec le décès de Pierre Mauroy, c’est une grande partie de l’histoire du socialisme en France qui disparaît. Pierre Mauroy était en effet un socialiste de terrain, un homme d’action, pragmatique, engagé, qui n’a jamais cédé ni aux sirènes du populisme, ni à la tentation médiatique. Il était – selon ses propres termes – né socialiste. Et il sera jusqu’au bout resté fidèle à ses idéaux. Homme simple, ennemis des énarques et des technocrates, il a su, pas à pas, avec une habileté fine, faire triompher ses idées et contribuer tant au progrès de la France que de sa région du Nord, sur laquelle il a régné durant plus de 20 ans.

En compagnie de Charles Beer, j’ai eu la chance, en mars 2011, de partager un repas en sa compagnie dans son fief de Lille. Je garde le souvenir d’un homme de conviction, incroyablement clairvoyant, optimiste et toujours aussi passionné par le combat pour la justice sociale.

Ensemble, nous avons bien entendu parlé éducation (sa fondation Léo-Lagrange a été pionnière dans l’éducation populaire, soit l'animation socioculturelle, en France), mais également crise économique, monde ouvrier et, surtout, avenir du socialisme. Cet homme qui a présidé pendant 7 ans l’Internationale Socialiste m’a frappé par la finesse de son analyse politique contemporaine. Défenseur acharné du principe de solidarité, Pierre Mauroy incarnait à merveille l’éthique politique, préférant de loin réaliser des projets pour le bien commun, plutôt que d’occuper les médias, comme d’autres, pour sa simple gloriole personnelle.

Je ne peux pas évoquer Pierre Mauroy, sans parler de sa ville de Lille. C’est grâce à lui, cet homme visionnaire, que la citadelle des brumes est entrée de plain-pied dans le 21ème siècle, devenant un carrefour incontournable de l’Europe d’aujourd’hui.

Jamais, peut-être, une ville n’aura-t-elle autant de dû à un homme politique. Jamais, peut-être, ne verrons-nous de socialistes aussi authentiques, engagés et convaincus que ne le fut Pierre Mauroy. Une page de l’histoire politique du socialisme se tourne. A nous de perpétuer son message.

22:04 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook