01/03/2017

Avoir le droit. Et le savoir.

Informer les locataires: une nouvelle manière de faire de la politique sociale

La Tribune de Genève s’est fait l’écho de la récente mesure qu’a mise en œuvre la Ville de Vernier en matière d’information sociale. Nous avons en effet envoyé à chaque foyer, par le biais du journal communal, un petit flyer explicatif qui résume les principaux éléments juridiques à connaître lorsqu’on est locataire de son logement. Beaucoup de personnes se posent des questions à ce sujet. Or, le droit du bail est un sujet complexe, sur lequel finalement peu de gens s’y retrouvent. Par cette démarche – dans une ville qui compte près de 90% de locataires – Vernier souhaitait mettre à disposition de ses habitants une information claire, juste et utile au sujet des questions générales sur le logement.

Cette démarche est la première d’une longue série que nous envisageons afin de répondre au besoin de plus en plus important qu’ont les personnes de pouvoir connaître et utiliser les droits – et parfois aussi les devoirs – qui sont les leurs dans notre société aux arcanes juridiques si complexes. Car si beaucoup d’entre nous, sans être de patentés juristes, s’y connaissent suffisamment pour s’en sortir dans la vie de tous les jours, ça n’est de loin pas le cas pour tout le monde. Et cela pose réellement problème, comme en attestent les recherches récentes, de plus en plus nombreuses, sur ce phénomène.

Accéder aux droits: l’idéal démocratique

Etre égaux en droits, comme c’est le cas en démocratie, ne signifie pas pour autant être égaux face au droit. De trop nombreuses personnes ignorent encore quelles sont les ressources qu’elles peuvent mobiliser, notamment en cas de problème. Hormis les questions de droit du bail, évoquées ci-dessous, qui peut réellement dire aujourd’hui qu’il connaît ses droits face aux assureurs? A l’office des poursuites? A son employeur? Et pour autant qu’on se frotte à des domaines aussi techniques que l’assurance-invalidité, les prestations complémentaires ou l’aide sociale, alors cela peut rapidement devenir un casse-tête, même pour les plus chevronnés des travailleurs sociaux.

Et que dire des frais de justice ou des frais médicaux, qui empêchent beaucoup d’entre nous d’accéder aux prestations de base de notre système judiciaire, ou de santé, pour des raisons de revenu?

Il y a donc réellement quelque chose à faire dans ce domaine. Car l’accès aux droits devrait finalement faire partie de notre idéal démocratique. Des citoyens renseignés, informés et suffisamment compétents pour accéder aux services, prestations ou conseils auxquels ils auraient droit. Tout simplement.

Agir. Connaître. Et faire connaître

Les solutions miracles n’existent pas. Mais les politiques ont le devoir de réfléchir à des idées visant à mieux informer – et à mieux soutenir – les populations les moins bien armées pour faire valoir les droits qui sont les leurs. Cela passera évidemment, d’une manière ou d’une autre, par des campagnes massives d’information, telle que celle que nous avons menée à Vernier sur le droit du bail. Mais cela passera aussi par une réévaluation des coûts de nos prestations de base.

C’est le sens du combat récemment remporté par les députés socialistes sur la gratuité des actions en justice en matière de consommation. Mais il y a encore des combats à mener au-delà, sur une dimension d’équité face aux coûts, pour une multitude d’autres secteurs. Est-il par exemple normal que la pauvreté soit un frein évident à l’accès aux soins de base – notamment dentaires – alors même qu’ils sont un déterminant essentiel des conditions de vie de base? (cf article: https://odenore.msh-alpes.fr/documents/article.pdf).

Il n’y a aucune fatalité à accepter que, dans un pays aussi riche que le nôtre, l’accès aux droits les plus élémentaires soit encore entravé pour une grande partie de la population.

Nous avons, à Vernier, mené un premier combat.

Je suis pour ma part loin d’en avoir terminé.

11:47 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

24/01/2017

L’Hebdo, une case en moins

presse, magazine, suisse, suisse romandeJ’ai appris aujourd’hui avec une grande tristesse la disparition prochaine de l’Hebdo. Un journal qui avait trouvé – je le croyais – sa place dans le paysage médiatique romand.

Disons-le tout de go : je n’ai – de loin – pas toujours d’accord avec ses positions. Ses attaques répétées sur les élus de gauche m’avaient fait hésiter à renouveler mon abonnement.
Je laisse donc aux hypocrites le soin de crier leur désespoir sur les réseaux sociaux.

Mais, bien moins que son contenu, c’est le symbole que représente la disparition de l’Hebdo – comme n’importe quel autre titre de presse – qui m’émeut aujourd’hui.

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10:49 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

24/11/2016

La vraie recette des Contrats de quartier de Vernier (et ses ingrédients)

Mercredi 23 novembre, les 5 Contrats de Quartier de Vernier ont tenu leur première assemblée annuelle conjointe.

Après 11 ans d’existence, les Contrats de Quartier – ces structures de démocratie participative – font la fierté de Vernier et de ses habitant-e-s. J’en veux pour preuve la centaine de personnes qui se sont pressées à cet évènement. Cette implication dans une réunion formelle rendrait jalouse bon nombre de collectivités publiques et d’associations.

Mais pourquoi ce succès ?

Les contrats de quartier ont donné un sens concret au terme de démocratie participative en rendant notre ville encore plus dynamique à l’intérieur et vers l’extérieur, plus active en permettant à l’action publique de toucher davantage encore d’habitantes et d’habitants, et plus engagée dans le développement essentiel de liens sociaux. En 2016, ce ne sont pas moins de 40 projets qui ont été proposés, portés et mis en œuvre par les habitant-e-s.

Cette assemblée générale conjointe inédite, animée par les porteur-euse-s de projet eux/elles mêmes, nous a réservé de véritables moments d’émotion:

  • Comme cette dame indienne, qui maîtrise peu le français, mais qui a néanmoins tenu à prendre la parole pour dire combien l’organisation de son projet de « concert de musique indienne » lui avait permis de découvrir son quartier et ses voisin-e-s. 

  • Comme ces deux jeunes, qui ont voulu témoigner de la confiance accordée par les Contrats de Quartier dans la réalisation de leurs projets de diffusion des matches de l’Euro sur écran géant ou de mise à disposition d’un
    local d’enregistrement.

  • Comme ces deux mères de famille de Vernier-Village qui avec créativité ont créé une structure de troc dans un bâtiment désaffecté.

  • Comme cette dame d’origine africaine qui a voulu proposer des thés dansants pour rapprocher ses voisins et les habitant-e-s du quartier.

  • Comme ce groupe de seniors qui organise chaque année une sortie originale pour les aînés des Avanchets.

  • Comme ce groupe de bénévoles qui donnent, gratuitement, des cours de français à des jeunes migrants logés à l’abri PC de Balexert, et les emmènent visiter Vernier et le canton de Genève. Quel moment d’émotion, d’ailleurs, que de voir quelques uns de ces migrants être présents à cette soirée et pouvoir échanger avec la salle.

Faire confiance aux experts du quotidien

Les Contrats de Quartier sont le fer de lance de la politique de cohésion sociale de la Ville de Vernier. Une politique qui fait confiance aux habitant-e-s, les expert-e-s du quotidien, qui ont su s’emparer de cet outil pour faire vivre leur quartier et développer ainsi les indispensables solidarités de voisinage qui rendent la vie si agréable dans notre commune.

Leur engagement, à chaque fois, m’impressionne.

Leur volonté de vivre-ensemble, à chaque fois, m’émeut.

Vive les Contrats de Quartier !

19:07 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

18/09/2016

AVS +, un investissement pour l’avenir

Le 25 septembre prochain, nous voterons sur l’initiative demandant une augmentation de 10% des rentes AVS. Initiative solide, intelligemment présentée et visant à améliorer la qualité de vie de nos seniors et aînés, « AVS+ » a le mérite de la clarté. Clarté d’un choix de société qui n’entend pas laisser les retraités vivre dans la précarité ou dépendre de l’aide sociale (prestations complémentaires) pour subvenir à leurs besoins de base. Clarté d’une politique résolument tournée vers l’avenir et la sécurité, lorsqu’on sait combien les revenus des fonds de prévoyance (2ème pilier) sont instables et plus risqués que jamais. Clarté d’une volonté d’investir dans le bien-être de celles et ceux qui, d’ici moins de 30 ans, composeront plus de la moitié de la population Suisse.

« AVS+ » est un projet viable et financièrement sain, basé sur un financement paritaire (salariés/employeurs), qui permettra de diminuer d’autant le recours aux aides étatiques. C’est donc bien le fruit du travail, et non une augmentation de la fiscalité, qui financera cette réévaluation des prestations. C’est là le principe même de notre système assurantiel. Quoi de plus sain !

Aujourd’hui, en Suisse, ce sont près de 200'000 personnes qui gardent la tête hors de l’eau, uniquement grâce au soutien financier des prestations complémentaire, qui viennent combler les montants trop bas de la seule AVS. Est-ce normal dans un pays aussi riche que le nôtre ? Comment peut-on justifier, avec les richesses que nous produisons, que près de 4 femmes sur 10 n’ont que leur AVS pour vivre ?

Certes le pays vieillit, c’est le cas partout en Europe. Certains diront qu’il faut donc limiter les coûts de la vieillesse… quelle logique absurde ! Alors que, toutes et tous, nous ferons un jour ou l’autre – de plus en plus nombreuses et nombreux – partie de cette population, il est au contraire temps d’investir dans le bien-être des seniors.

Il est aujourd’hui grand temps de s’emparer de la problématique du vieillissement de la population. Non pas sous l’angle des coûts que ce phénomène va engendrer, mais bien en fonction de la qualité de vie que nous voulons offrir à celles et ceux qui doivent pouvoir profiter d’une retraite à l’abri du besoin.

Nous sommes aujourd’hui face à un tournant de notre politique sociale. Sommes-nous prêts à faire les efforts pour investir dans nos seniors, ou allons-nous continuer à considérer que le travail de toute une vie ne mérite rien (ou presque) ?

17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

25/07/2016

Les élus municipaux démissionnent: "Préservons le système de milice!"

Selon l'article de la Tribune de Genève du 24 juillet 2016, basé sur les chiffres fournis par la Chancellerie d'Etat, 16,74% des conseillers municipaux du Canton de Genève ont changé en un an, depuis le début de la législature en juin 2015, un taux très élevé déjà pour une première année de législature. Trop certainement. La situation est préoccupante, mais des solutions existent.

Une situation préoccupante

En tant que président de l'Association des Communes Genevoises, cette situation me préoccupe à plus d'un titre. Le système de milice, notamment à l'échelon communal, est un des piliers de nos institutions. Certes, il ne faut pas oublier que la démission d'un-e élu-e entraîne par ricochet l'élection d'un-e vient-ensuite, soit une force nouvelle, peut-être plus motivée ou ayant plus de temps à dégager pour la choses publique. Mais cette hausse inquiétante des démissions qui représente une perte de compétences pour la collectivité publique, n'est pas imputable uniquement aux élu-e-s qui démissionnent. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées, à mon avis. A chacune de celles-ci, des solutions peuvent et doivent être trouvées.

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11:32 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook