13/04/2013

Les Samaritains : les volontaires de la vie

Discours prononcé à l'occasion du 2ème congrès de l'association des sections des samaritains de Genève

Je vous remercie de la possibilité que vous me donnez d’assister à votre Congrès, et de pouvoir vous adresser ces quelques mots. Je ne vais pas être long. Je sais que vous êtes toutes et tous capables d’intervenir en cas d’attaques d’ennui parmi l’assistance, je ne voudrais surtout pas vous surcharger ce 2ème Congrès.

J’aimerais dire quelques mots en forme d’hommage à vous, les samaritains. Avec plus de 120 années de présence sur le territoire du canton, les samaritains ne sont pas une institution nouvelle. Pourtant, votre rôle et votre dévouement m’apparaissent particulièrement importants aujourd’hui, pour deux raisons essentielles.

Premièrement, vous donnez un sens concret à la solidarité, à ce que d’autres appellent le souci de son prochain. Plus que des mots, c’est un politicien qu’il vous le dit, vous montrez par vos actions quotidiennes qu’un geste peut changer une vie, des vies. Des vies car au-delà du geste qui sauve, vous aidez à retissez des liens, à maintenir une communauté. Modestement, par mon action sur le terrain, dans ma ville, Vernier, j’ai proposé des actions visant à retisser ces liens entre générations, entre personnes de milieux différents, entre gens d’origines diverses. Par vos actions, vous créez du lien tous les jours, au-delà du geste qui sauve, ce sont des actions primordiales pour Genève.

Deuxièmement, l’association des Samaritains, c’est aussi, depuis 50 ans des cours, de la transmission de connaissance, la transmission d’un savoir-faire qui pourra éviter de nombreux drames. Et tout dans le volontariat le plus complet, comme le prescrit l’un des 7 principes fondateurs de la Croix-Rouge.

J’ai récemment lu que moins de 10% des Suisses seraient capables d’effectuer un massage cardiaque. Même avec ma formation du permis de conduire, mon inscription durant quelques années en tant que samaritain de Vernier et mon Ecole de Recrue chez les Sanitaires, j’aurai bien de la difficulté à effectuer les gestes justes.

Fort de ce constat, pour compléter le dispositif de sécurité sanitaire, la ville de Vernier s’est dotée, dès 2005, dans l’ensemble de ses bâtiments, de défibrillateurs. L’installation de ces appareils s’est accompagnée d’une formation aux collaboratrices et aux collaborateurs du lieu.

Je tiens à remercier les « Samas » une fois encore pour permettre à de nombreuses manifestations d’avoir lieu à travers notre canton. Je vous remercie de votre savoir-faire qui change la vie. Je vous remercie de véhiculer des valeurs qui nous sont chers. Je vous remercie de transmettre ce savoir-faire et ces valeurs à travers vos actions.

Thierry APOTHELOZ, Conseiller administratif 
Collonge-Bellerive, le 12 avril 2013

 

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SimulHUG pôle pédiatrie – Démonstration d’une réanimation sur un mannequin bébé

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Utilisation de chiens en cas de catastrophes et de recherches de personnes.

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Dr MANZANO, de la pédiatrie de Genève, donne une conférence sur l’importance de la simulation pour acquérir des bons gestes sur un mannequin capable de reproduire énormément de symptômes.

09:00 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

06/04/2013

PORTUGAL • Grândola : le peuple retrouve la voix

De plus en plus de Portugais entonnent l’hymne de la révolution des œillets en guise de protestation. Comment une chanson enregistrée en France en 1971 est devenue le symbole de la résistance à l’oppression, hier de la dictature, aujourd’hui du marché.

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12:35 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook

05/04/2013

La criminalité baisse à Genève… et surtout à Vernier !

Les chiffres viennent de sortir : alors que, en Suisse, la criminalité en général a augmenté de près de 9%, celle-ci a diminué de 9% à Genève. Et de 11% à Vernier. Est-ce là uniquement le résultat des réformes de la police genevoise initiés par Pierre Maudet ? Bien sûr que non ! Dans le domaine de la sécurité publique, les communes – si elles le souhaitent – ont aussi un rôle à jouer. Et pas des moindres. Alors que, et c’est réjouissant, l’essentiel des efforts cantonaux se focalisent sur la petite criminalité quotidienne dans certains quartiers, qui empoisonnent le quotidien des habitant-e-s, ou bien mettent l’accent sur le brigandage transnational qui s’attaque à Genève, la question de la sécurité publique, au quotidien, est gérée par les communes. Loin de l’hypercentre, les collectivités publiques mettent également en place des projets ambitieux et novateur pour lutter contre le climat d’insécurité.

 

Une police municipale mobile, attentive et proactive

Les services de police municipale des différentes communes ont pour objectif d’apporter des solutions de proximité et d’assurer une présence rassurante, disponible et efficace aux problèmes de sécurité publique. A Vernier, en l’espace de 5 ans, nous avons plus quasi doublé les effectifs passant ainsi de 11 à 19 agents. A pieds, en patins à roulettes ou en vélo, la Police municipale est présente, tout le temps, dans les quartiers. Hormis les arrestations spectaculaires fréquentes (comme, au mois de septembre 2012, lors d’un braquage de station-service ou comme lorsque des agents sauve un genevois de noyade après avoir sauté du pont Butin), le travail de prévention auprès de la population porte quotidiennement ses fruits. Les chiffres de la police sont explicites : le nombre d’infractions au code pénal diminue de 11 % à Vernier confirmant ainsi la tendance déjà à la baisse constatée au moment du diagnostic local de sécurité 2010 de la police genevoise.

  

Un dispositif complémentaire : les Correspondant-e-s de Nuit

Depuis 2011, Vernier a mis en place un dispositif de « Correspondant-e-s de Nuit ». Il s’agit de médiateur-trice-s sociaux/ales, qui sillonnent à pieds ou à vélo, tous les jours de l’année, de 18h à 2h du matin, les quartiers pilotes (Avanchets et Châtelaine) à la rencontre des habitant-e-s. Disponibles sur un simple appel, ils/elles interviennent pour réguler des conflits, signaler des problèmes à la police ou lutter contre les incivilités. Leur action ne se substitue pas à celle de la police : elle est complémentaire et apporte des réponses rapides, efficaces et coordonnées, sur le terrain. Ce type d’intervention et cette présence, dissuasive, ont, on le sait, un impact certain sur la criminalité.

 

Continuer les efforts, et voir plus loin

 Les chiffres de la baisse de la criminalité à Genève sont donc réjouissants. Des efforts restent encore à faire, notamment dans le domaine de la prévention, seul moyen de lutter efficacement sur le long terme contre la criminalité et le climat d’insécurité. C’est l’affaire des collectivités publiques dotées de moyens suffisants pour accomplir leurs tâches régaliennes. J’en appelle donc à une sortie rapide de la crise budgétaire de notre canton. La sécurité publique, on le sait, est une priorité pour nos habitant-e-s. Et nous, les socialistes, avons souvent une longueur d’avance, dans les communes où nous gérons cette problématique. Les chiffres en forte baisse de la criminalité à Vernier le prouvent.

 

Enfin, si les chiffres sont réjouissants, nous le devons au travail quotidien des agents de terrain, tant de la police municipale que cantonale. Qu’ils et qu’elle en soient remercié-e-s et soutenus. 

05:48 Écrit par Thierry Apothéloz dans Sécurité | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook

27/03/2013

Prix européen du patrimoine culturel : une étude sur le Lignon gagne un prix prestigieux

La restauration de la cité du Lignon (Genève) reçoit le Europa Nostra Award 2013

 

 

La recherche sur la cité-satellite du Lignon à Genève, menée par un laboratoire de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), gagne le prestigieux prix du patrimoine culturel de l'Union Européenne - Europa Nostra.

 

Primé dans la catégorie « recherche scientifique », le travail du professeur Franz Graf et de Giulia Marino du laboratoire des Techniques et de la Sauvegarde de l'Architecture Moderne (TSAM) de l'EPFL-ENAC a été récompensé du Europa Nostra Award 2013 pour sa démarche exemplaire.

 

Europa Nostra félicite les architectes pour les résultats obtenus dans la sauvegarde de cette remarquable cité des années 60, grâce à un projet de restauration qui associe les enjeux patrimoniaux aux impératifs énergétiques. "The Jury was fascinated by the problem when applied to this particular site. The rigour of the methodology and the exemplary thoroughness of the conclusions of this research left out an award beyond doubt."

lignon© Photo Claudio Merlini

Pour la première fois en Europe, un bâtiment des années 1960 est lauréat

Après la cathédrale Saint-Pierre à Genève, primée en 2008, le Lignon est le deuxième bâtiment en Suisse qui reçoit un prix d'Europa Nostra. Le Lignon incarne aussi une autre primauté : il est le seul bâtiment contemporain lauréat, élargissant ainsi le champ de la sauvegarde du patrimoine à des objets d'une époque récente.

 

La cité du Lignon, 10'000 logements à Genève

Réalisée entre 1963 et 1971 par les architectes Georges Addor, Dominique Julliard, Louis Payot et Jacques Bolliger, la cité-satellite du Lignon à Genève est considérée comme la plus spectaculaire opération de logements de l'après-guerre en Suisse, conçue pour 10'000 habitants.

Son caractère pionnier, l'originalité du principe d'implantation, l'innovation des choix constructifs et techniques ainsi que son indéniable valeur sociale lui valent d'être reconnue comme objet exceptionnel, bien au-delà des frontières nationales. 

En mai 2009, l'adoption d'un plan de site par l'Etat de Genève, établit clairement, par une mesure légale de protection, sa valeur patrimoniale et donc son statut de monument.

 

4 ans de recherche pour le laboratoire TSAM-ENAC-EPFL

Financée conjointement par l'Office du patrimoine et des sites et le Service de l'énergie du canton de Genève ainsi que par le Comité central du Lignon entre 2008 et 2012, cette recherche appliquée définit les mesures à entreprendre lors de la rénovation énergétique de l'ensemble. 

En collaboration avec Sorane SA - rationalisation énergétique, la recherche a permis d'élaborer un cahier des charges validé par les autorités. Aujourd'hui, la rénovation entre dans la phase opérationnelle, étape par étape.

Tout en gardant leur substance matérielle, les 125'000 mètres carrés de façades curtain-wall du Lignon respecteront désormais les normes thermiques en vigueur.

http://tsam.epfl.ch

 

La recherche est détaillée dans un livre paru en janvier 2012 aux Editions InFolio.couv

 

Le Prix du patrimoine culturel de l'Union Européenne - Europa Nostra

Ce Prix a été lancé conjointement, en 2002, par Europa Nostra et la Commission européenne. Fédération européenne du patrimoine culturel, Europa Nostra oeuvre pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine. Elle accomplit la tâche de porte-parole auprès des instances internationales, en particulier l'Union européenne, le Conseil de l'Europe et l'UNESCO. Europa Nostra a pour mission de récompenser des initiatives exceptionnelles en faveur du patrimoine culturel européen ; de la restauration de monuments ou de sites, en passant par l'entretien de prestigieuses collections d'art ou les travaux de recherches scientifiques. 

 

In Communiqué de presse - EPFL - 26 mars 2013

05:55 Écrit par Thierry Apothéloz dans Environnement urbain | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

21/03/2013

Working poors en Suisse : travailler dur pour ne gagner… rien ou si peu.

Le débat sur la pauvreté en Suisse tourne presque toujours au niveau de l’aide sociale et de ses bénéficiaires. Or, depuis quelques années, un phénomène aujourd’hui bien connu a fait son apparition, celui des « travailleurs pauvres », ces personnes qui, malgré des emplois salariés et une insertion parfaitement normale sur le marché du travail, n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Un article paru dans l’Hebdo « Working Poor – travailler pour moins de 3000 francs » du 14 mars 2013 met en lumière cette problématique. Qui doit, toutes et tous, nous interpeller.

Qu’on prenne les chiffres de l’Office fédéral de la statistique (120'000 personnes) ou ceux de l’Union syndicale suisse (437'000), le nombre de working poors dans notre pays est dans tous les cas trop élevé. Comment accepter que, dans l’un des pays les plus riches du monde, des personnes puissent travailler pour des salaires qui les maintiennent dans la précarité ? Comment comprendre que notre système économique accepte une situation aussi inégalitaire ? Et, surtout, comment ne pas s’offusquer devant le manque de réactions et de propositions de la part du monde politique pour mettre fin à ce fléau ?

 

L’emploi comme moteur de la vie sociale

 

En Suisse, pays où l’argent est le sujet tabou par excellence, on sait que la reconnaissance sociale est bien souvent liée au statut socioprofessionnel. La pauvreté est ici, peut-être plus qu’ailleurs, synonyme de stigmatisation et d’exclusion. L’article de l’Hebdo montre d’ailleurs à quel point les personnes victimes de la précarité économique, malgré le fait d’occuper un emploi « normal », perdent petit à petit pied en matière de relations sociales. Pas d’argent, pas de loisirs, de sorties, pas d’extras, bref, toutes ces petites choses qui font la différence entre « vivre » et « survivre ». Tirer le diable par la queue tous les mois, alors qu’on passe sa vie à travailler, a en outre des incidences incroyablement néfastes sur la santé. L’insécurité économique entraîne, bien souvent, l’insécurité sociale et son lot de problématiques socio-sanitaires : privation de soins (dentaires notamment), mauvaise alimentation, dépression. Au-delà de la problématique économique, c’est bien d’une problématique sociale à laquelle nous sommes confrontés. Et contre laquelle il convient aujourd’hui d’agir, vite, car le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur.

 

Cette question des travailleurs pauvres est d’autant plus préoccupante dans un canton comme Genève, où les dernières statistiques dévoilées par l’Office cantonale de la statistique montre une baisse des ressources des 10% des Genevois-es les plus pauvres ; mais aussi un canton où les dépenses courantes sont particulièrement élevées, si on les compare au reste de la Suisse. Au premier chef, il y a évidemment les prix exorbitants des loyers, mais aussi ceux des primes d’assurance-maladie, qui sont les plus chères du pays. Dès lors, la précarisation gagne du terrain, dans toutes les couches de la population. Les personnes qui ont un emploi, aujourd’hui, ne sont plus épargnées par ce phénomène.

 

Pour illustrer cet exemple, je peux sans autre m’appuyer sur les chiffres de ma commune. A Vernier, 46% des familles qui font appel au service communal de la cohésion sociale sont des familles de travailleurs pauvres. Ce chiffre est en constante augmentation depuis 2009. Autre exemple, notre « épicerie solidaire », qui effectue des distributions de produits de première nécessité aux personnes en grande précarité, accueille aujourd’hui 120 familles. Elles n’étaient que 78 il y a deux ans. Et la demande explose.

 

 

Le salaire minimum : une réponse efficace

 

Pour lutter contre le dumping salarial, il est évidemment illusoire et contre-productif de vouloir – comme le prônent aveuglément certains – fermer les frontières et revenir à un protectionnisme du marché du travail qui nous mènerait tout droit à la catastrophe économique. Plusieurs mesures sont dès lors nécessaires. En premier lieu, le Conseil d’Etat doit étendre les conventions collectives dans les domaines où certaines entreprises ne les respectent pas. En deuxième lieu, les contrôles des entreprises, notamment inopinés, doivent être augmentés par une augmentation du nombre d’inspecteurs du travail. Enfin, puisque les conventions collectives de travail ne sont de loin pas appliquées partout, le salaire minimum est un instrument complémentaire nécessaire.

 

Contrairement à ce que pensent les milieux économiques et financiers, cette mesure n’aura jamais pour effet de tirer les salaires vers le bas. La concurrence dans les emplois spécialisés parviendra toujours à équilibrer, par la seule loi du marché, l’offre et la demande. En revanche, le salaire minimum permettra une fois pour toutes d’éliminer l’honteuse catégorie des working poors.

 

Certes, les Genevois-es avaient repoussé cette mesure une première fois ; mais, depuis, la situation a empiré comme différentes sources le démontrent. Les citoyen-ne-s du canton du Jura ont osé passer le pas en acceptant une initiative instituant un salaire minimum pour les domaines non couverts par les conventions collectives. Deux opportunités s’offrent à Genève afin de mettre en place un salaire minimum: la votation sur l’inititative fédérale et les élections cantonales d’octobre où une majorité de gauche au Grand Conseil et au Conseil d’Etat changerait la donne non seulement pour un salaire minimum mais aussi pour les mesures d’extension et de respect des conventions collectives.

 

Pour la cohésion sociale, pour l’avenir de Genève, nous pouvons et devons agir afin de mettre fin au scandale des travailleurs pauvres.

08:00 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi, Cohésion sociale | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook