03/02/2016

Opéra des Nations: « Opposer une forme de culture à une autre est un discours réactionnaire »

A l’heure où les Nations sont troublées par tant de haine et d’exclusion, j’ai été très heureux de participer hier soir à l’inauguration de l’Opéra des Nations. Quel magnifique symbole.

Notre Grand-Théâtre a entamé sa migration provisoire pour quelques années, dans l’attente des travaux de rénovation qui vont permettre de remettre à neuf son écrin historique. Le magnifique bâtiment du Grand Théâtre, inauguré en 1879 et partiellement reconstruit en 1962 après l’incendie de la salle de spectacles, opère une mue bienvenue.

Les Communes genevoises participent à une vie culturelle riche et variée

En tant que Président de l’Association des communes genevoises, je suis heureux que notre Association ait pu être pleinement actrice des grands changements que va provisoirement connaître le bâtiment du Grand Théâtre.
L’Association des communes genevoises a contribué aux travaux à hauteur de 3 millions de francs, en plus de sa subvention annuelle ordinaire. Et ce quelles que soient les décisions à venir concernant la répartition des tâches entre le Canton et les Communes. Preuve s’il en est que les communes genevoises ont à cœur de participer à une vie culturelle riche et variée.


Ce fleuron prestigieux de la culture est une institution cantonale et régionale, qui bénéficie du soutien de l’ensemble des collectivités publiques.


Dans un période où la culture – sous toutes ses formes – est chahutée de toutes parts, et où l’édifice du Grand-Théâtre a tristement subi les foudres de quelques inconscients particulièrement mal inspirés, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer notre soutien unanime et résolu aux grandes institutions culturelles de notre canton.

Le Grand-Théâtre ne doit pas être élitiste

Je refuse catégoriquement de considérer que notre Grand-Théâtre est une institution élitiste, réservée à un cercle d’initiés, et qui ne profite qu’à une petite partie de la population.
Ce discours réducteur, je l’entends trop souvent de la part de celles et ceux qui voudraient niveler notre offre culturelle par le bas. Alors qu’il faut, au contraire, ouvrir celle-ci à toutes et tous !

Opposer les formes de culture, une grossière erreur!

Opposer une forme de culture à une autre est un discours réactionnaire que je condamne avec la plus grande fermeté.

Le Grand-Théâtre appartient à toutes les Genevoises et à tous les Genevois. Je sais les efforts que le Conseil de fondation réalise chaque jour pour combattre l’image élitiste que véhiculent encore trop souvent les arts lyriques.

Les stéréotypes ont toujours la peau dure, mais je ne doute pas un instant de la volonté affichée des Autorités et du Conseil pour les briser.

Je souhaite que le déménagement du Grand-Théâtre dans ces nouveaux murs aidera à cette nécessaire transformation des mœurs.

Pari ambitieux que celui-ci, qui casse nos habitudes établies, qui fera pour quelques temps savourer les délices d’une programmation de grande qualité dans ce nouveau bâtiment.


L’Association des communes genevoises que je préside est attachée à l’institution qu’est le Grand-Théâtre. Le souci que nous portons à l’avenir et à la pérennité du Grand-Théâtre.

Une fierté pour notre canton

Nous avons la chance inouïe de bénéficier d’une scène lyrique internationalement reconnue, qui fait la fierté de notre canton et de ses habitant-e-s.
C’est là un bien précieux, qui mérite en tout temps, notre soutien.

Je souhaite la bienvenue à l’Opéra des Nations et remercie l’ensemble des membres du Conseil de fondation, du personnel rattaché au Grand-Théâtre, les ménènes,  les mandataires et les ouvriers qui ont travaillé sur ce chantier pour nous offrir un magnifique bâtiment.

 

Discours prononcé à l'occasion de l'inauguration du bâtiment de l'Opéra des Nations le 2 février 2016.

18:20 Écrit par Thierry Apothéloz dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

21/01/2016

Lutter contre le chômage, pas contre les chômeurs

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Dans son édition du 14 janvier, la Tribune de Genève relate le sort réservé aux chômeurs en fin de droit, qui doivent passer par des stages d’employabilité. Inadaptés, standardisés quel que soit votre parcours, infantilisants. Les mots ne manquent pas pour qualifier l’inutilité de ces mesures, qui ont souvent un côté humiliant pour celles et ceux qui doivent les subir. En fait, ces mesures visent à déterminer si un chômeur en fin de droit peut être considéré comme « employable » (le mot est horrible !) ou bien s’il doit être dirigé vers l’aide sociale (et donc considéré ad vitam eternam comme définitivement non réinsérable).

Avec un taux de chômage qui n’a pas évolué depuis son entrée en fonction, Mauro Poggia peine à convaincre dans son action pour l’emploi. D’ailleurs, on attend toujours de sa part un semblant de mesures pour lutter contre ce fléau. Depuis deux ans, rien ou presque n’a bougé.

Dans son rapport d’avril 2015, la Cour des Comptes ne dit pas autre chose : les mesures actuellement en vigueur sont largement insuffisantes et il convient d’élargir l’offre en matière de mesures pour lutter efficacement contre le chômage. Pourtant, les solutions existent – j’en veux pour preuve a contrario l’excellent bilan du programme Cap Emploi, dont la Tribune de Genève s’est fait l’écho aujourd’hui même. Le secret de la réussite : le suivi individualisé.

 

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11:24 Écrit par Thierry Apothéloz dans Action sociale & emploi | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

20/01/2016

Employés & entrepreneurs: aucun crédit aux propos de Macron

En tant que fils d’ouvrier, je ne peux donner strictement aucun crédit aux propos du jour d’Emmanuel Macron « La vie d’un entrepreneur est plus dure que celle d’un salarié ». Non camarade Macron, la vie des ouvriers et des employés n’est pas plus facile que celle des patrons.

Evoluer 47 ans dans un monde du travail extrêmement instable, se briser le dos sur des chantiers, ne pas pouvoir vivre de son travail en travaillant 42h par semaine, perdre son travail à quelques années de la retraite, ce n’est pas facile, c’est même révoltant. Diriger une PME, cela peut être certes compliqué et rempli de défis, mais rappelons que le succès des entreprises repose sur les forces et le dévouement de leurs employés.

18:16 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

10/01/2016

Rentrée scolaire: la sécurité des enfants, priorité de la Police municipale de Vernier cette semaine

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A l'occasion de la rentrée, la Ville de Vernier rappellera du 11 au 15 janvier à toutes les utilisatrices et tous les utilisateurs de la route (automobilistes, cyclistes et piétons), mais également aux plus jeunes, les principes de base pour une sécurité accrue des enfants sur le chemin de l'école.

Dans une ville comme Vernier, traversée par des axes routiers importants, j'ai souhaité renforcer la présence de la police municipale aux abords de toutes les écoles, et ce après plus de deux semaines de vacances où certains réflexes et comportements peuvent avoir été oubliés aussi bien par les parents que par les enfants.

L'action PréDiRe (Prévention-Dissuasion-Répression) mise en place à chaque rentrée scolaire, rappelle que les excès de vitesse et les inattentions sont encore trop fréquents. Aux heures d’entrée et de sortie des enfants, les agent-e-s de police municipale auront comme priorité de surveiller les abords des groupes scolaires communaux. Cette action qui me tient à cœur, est organisée en commun avec la Gendarmerie cantonale et plus particulièrement avec le poste de Blandonnet qui effectuera aussi des contrôles du même type.

La police municipales rappellera dans cette campagne les principes de sécurité aux élèves et aux automobilistes empruntant les routes qui desservent les écoles (téléphones portables, phares, stationnement dangereux ou illicite, priorité aux piétons, port de la ceinture de sécurité et bonne utilisation des sièges pour enfants).

Cette action se répétera plusieurs fois en 2016 et permettra, c'est mon souhait, de prévenir des accidents mais également de sensibiliser les enfants, des futurs utilisateurs de la route!

19:15 Écrit par Thierry Apothéloz dans Ecole et formation, Sécurité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

20/12/2015

Budget 2016: le Conseil d'Etat doit apprendre à dialoguer

Le projet de budget 2016 a été refusé à la quasi unanimité par les députés. C'est une première dans l'histoire de notre République. Jamais un Gouvernement n'avait vécu pareil camouflet budgétaire. Et pourtant, la catastrophe était prévisible, depuis longtemps. En faisant la politique de l'autruche et en pensant que de passer en force allait finalement suffire à trouver une majorité politique, le Conseil d'Etat s'est fourvoyé. Il n'a su entendre ni les protestations de la rue, ni les appels au dialogue, ni le mécontentement d'une classe parlementaire qu'il a trop souvent regardé de haut. Aujourd'hui, Genève est dans l'impasse. La balle est dans le camp du Conseil d'Etat. Va-t-il enfin réapprendre à dialoguer, ou bien va-t-il continuer sa course vers l'abyme, en campant sur des positions intenables, au risque de fragiliser encore plus les institutions de notre République? 

 

Un train de retard...

 

On ne commence pas à discuter d’un budget avec les partis six semaines avant l'adoption voulue de celui-ci. C'est un travail de longue haleine, qui demande une capacité d'écoute et de prise en compte de la diversité des intérêts de la galaxie politique représentée au Grand Conseil. Certes, la tâche est ardue et les oppositions de principes farouches. Il n'empêche que pour gouverner bien, il faut anticiper. Fixer une ligne et s'y tenir, coûte que coûte, ne suffit pas dans la configuration politique actuelle. Il faut être capable de forcer des compromis, de travailler sur les impondérables, mais aussi de susciter l'adhésion. Cela, le Conseil d'Etat n'a clairement pas su le faire. Il fallait s'y prendre mieux, discuter des fondamentaux en amont, être prêt à faire machine arrière au besoin. Bref, faire de la politique. Et non pas s'ériger en simple gestionnaire, engoncé dans une idéologie à sens unique.

 

Le dialogue, avec tous

 

Tout ceci me donne le sentiment que le Conseil d'Etat s'est coupé de Genève, en s'enfermant dans la tour Baudet. Suppression de commissions consultatives, des instances de dialogue avec les communes (notamment sur la politique de cohésion sociale en milieu urbain), mépris du combat syndical, voilà autant de signes qui montrent un décalage croissant entre un Conseil d'Etat qui s'érige en détenteur de la vérité budgétaire et une population qui voit ses prestations sociales rognées jour après jour par de petites coupes chirurgicales à première vue anodine, mais qui impactent considérablement la qualité de vie des plus précaires d'entre nous. Le décalage est aujourd'hui total. Il ne se résorbera pas ni par le mépris, ni par la superbe. Il s'agit de remettre autour de la table l'ensemble des partenaires: partis politiques, mais aussi syndicats, communes, structures du Grand Etat. Bref, faire de la politique.

 

La droite impuissante

 

Soyons clair. L’échec du Conseil d'Etat, c'est aussi l'échec d'une certaine droite, pourtant largement majoritaire tant à l'exécutif qu'au législatif. Incapable de s'entendre sur un programme commun, désavouant même ses propres ministres, obnubilée par les seules coupes budgétaires et la réduction des effectifs, elle a démontré son incapacité à gouverner Genève. PDC, UDC, PLR et MCG sont incapables d'envisager un budget sans nouvelles recettes, alors que l'équation est simple: Genève voit sa population augmenter chaque année de 7'000 personnes supplémentaires et il faut donc bien que le Canton dégage les ressources nécessaires à cette augmentation de la population. On ne peut pas faire beaucoup plus avec beaucoup moins. La droite, qui refuse catégoriquement d'accepter cet état de fait, porte donc aussi une immense responsabilité dans le fiasco budgétaire actuel.

 

De quoi se poser des questions sur le sens de la République.

09:21 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook