29/05/2017

Lettre ouverte aux militantes et aux militants socialistes du PS genevois

Il ne nous diviseront pas.

candidatures-CE-ps.jpgChères et chers camarades,

J’ai eu l’honneur d’être désigné candidat du parti socialiste au Conseil d’Etat avec nos camarades Anne et Sandrine lors de l’Assemblée générale du 13 mars 2017. En présence de plus de 400 militant-e-s réuni-e-s pour partir à la conquête de sièges supplémentaires au Conseil d’Etat et au Grand Conseil avec 3 candidat-e-s au Conseil d’Etat et 51 au Grand Conseil. Une preuve de vitalité à l’heure de la morosité pour les partis. Une fierté aussi.

Pourtant, les articles fleurissent dans la presse pour dépeindre un parti socialiste qui serait divisé, sans projet commun. Le dernier en date, un article du Matin Dimanche cherchant à montrer que les candidat-e-s au Conseil d’Etat ne seraient pas à même de représenter notre parti, nos idées et nos combats.

Son auteur se trompe. Le parti socialiste a des diversités d’opinions mais est prêt pour cette campagne dure qui se profile. Il est prêt, uni dans cette richesse, à défendre un programme pour plus de justice sociale, de solidarité et d’opportunités pour les Genevois-es.

 

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11:58 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

18/09/2016

AVS +, un investissement pour l’avenir

Le 25 septembre prochain, nous voterons sur l’initiative demandant une augmentation de 10% des rentes AVS. Initiative solide, intelligemment présentée et visant à améliorer la qualité de vie de nos seniors et aînés, « AVS+ » a le mérite de la clarté. Clarté d’un choix de société qui n’entend pas laisser les retraités vivre dans la précarité ou dépendre de l’aide sociale (prestations complémentaires) pour subvenir à leurs besoins de base. Clarté d’une politique résolument tournée vers l’avenir et la sécurité, lorsqu’on sait combien les revenus des fonds de prévoyance (2ème pilier) sont instables et plus risqués que jamais. Clarté d’une volonté d’investir dans le bien-être de celles et ceux qui, d’ici moins de 30 ans, composeront plus de la moitié de la population Suisse.

« AVS+ » est un projet viable et financièrement sain, basé sur un financement paritaire (salariés/employeurs), qui permettra de diminuer d’autant le recours aux aides étatiques. C’est donc bien le fruit du travail, et non une augmentation de la fiscalité, qui financera cette réévaluation des prestations. C’est là le principe même de notre système assurantiel. Quoi de plus sain !

Aujourd’hui, en Suisse, ce sont près de 200'000 personnes qui gardent la tête hors de l’eau, uniquement grâce au soutien financier des prestations complémentaire, qui viennent combler les montants trop bas de la seule AVS. Est-ce normal dans un pays aussi riche que le nôtre ? Comment peut-on justifier, avec les richesses que nous produisons, que près de 4 femmes sur 10 n’ont que leur AVS pour vivre ?

Certes le pays vieillit, c’est le cas partout en Europe. Certains diront qu’il faut donc limiter les coûts de la vieillesse… quelle logique absurde ! Alors que, toutes et tous, nous ferons un jour ou l’autre – de plus en plus nombreuses et nombreux – partie de cette population, il est au contraire temps d’investir dans le bien-être des seniors.

Il est aujourd’hui grand temps de s’emparer de la problématique du vieillissement de la population. Non pas sous l’angle des coûts que ce phénomène va engendrer, mais bien en fonction de la qualité de vie que nous voulons offrir à celles et ceux qui doivent pouvoir profiter d’une retraite à l’abri du besoin.

Nous sommes aujourd’hui face à un tournant de notre politique sociale. Sommes-nous prêts à faire les efforts pour investir dans nos seniors, ou allons-nous continuer à considérer que le travail de toute une vie ne mérite rien (ou presque) ?

17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

24/06/2016

Bye bye Britain !

La Grande Bretagne a choisi de quitter l’Union Européenne. Bye Bye Britain.

J’entends déjà la joie des europhobes de Grande-Bretagne, bien sûr, de l’Union Européenne, évidemment, et de Suisse, quoi de plus normal. Je perçois également la joie des critiques de droite et de gauche de cette Union européenne honnie.

Les perdants de la mondialisation et de la libre circulation ont envoyé un message aux gagnants de l’ouverture. Les régions désindustrialisées les battues ont envoyé un message à Londres la victorieuse. Les campagnes ont dit leur fait aux villes. Londres la ville monde, la cosmopolite, n’a pas suffi. L’Ecosse l’europhile n’a pas pesé lourd.

Beaucoup s’en réjouissent chez nous. Enfin, l’UE est battue.

Je ne suis pas ceux là. La victoire de la fermeture n’est jamais un bon signe.

Dans notre monde et notre Europe, interconnectée, ce résultat nous plonge dans des abîmes d’incertitude. Les bourses plongent. Le Franc suisse s’envole. Une économie mondiale, européenne et suisse encore fragile s’enrhume à nouveau.

Je regarde ces résultats ; je tente de les analyser. J’essaie de les interpréter à l’aune de la réalité genevoise et suisse. Et, je ne suis malheureusement pas surpris.

La campagne du « remain », du OUI à l’Europe, celle de l’ex premier ministre David Cameron a utilisé les mêmes méthodes que celles employées lors des élections générales de 2015 et du référendum sur l’indépendance de l’Ecosse en 2014 : la peur.

Cette fois-ci, cela n’a pas fonctionné. Ou, en tous les cas, les pro-Brexit ont touché avec plus de dextérité les peurs de certains Britanniques.

Difficile de dire à ceux qui voient les pressions exercées sur leurs emplois et leurs salaires qu’une sortie de l’UE mettrait à mal l’économie. Compliqué de parler chute du marché à ceux qui encaissent de plein fouet les conséquences des politiques d’austérité.

Quand Londres dit oui à l’Europe, elle dit oui au dynamisme de la capitale, aux opportunités offertes par l’UE et la libre circulation. Quand l’Ecosse dit oui à l’Europe, elle dit oui aux bénéfices de la qualité de membre et à l’appartenance à un corps plus large que la Grande-Bretagne. Oui à un projet, des perspectives et des actions concrètes.

Je suis convaincu que face à ceux qui veulent que la Suisse Genève se referment seul un message positif et lucide est possible. Offrir des perspectives, un avenir face aux peurs. Ne pas répondre à la peur par la peur.

Oui, les accords bilatéraux avec l’UE ont bénéficié à Genève, à son économie, mais pas directement à tous et toutes les Genevois-es.

Des conventions collectives et des salaires minimums liés sont nécessaires afin que la sous-enchère salariale ne soit pas un corollaire obligatoire de la libre circulation. Fournir une formation à tout âge pour que les perdants rejoignent le camp des gagnants face à une économie qui se transforme. Une intervention locale auprès des entreprises pour que les ressources qui existent soient utilisées à leur plein potentiel.

Il est donc possible d’offrir une vision positive de l’avenir afin de répondre aux incertitudes d’un monde, d’une Europe et d’une Suisse en constante mutation. Se voiler la face devant les inquiétudes légitimes de celles et ceux qui se sentent abandonné-e-s dans ce monde hyper-compétitif ne sert à rien. Se refermer, et faire semblant d’ignorer, qu’avec ou sans nous, le monde continuera à se développer, à se rapprocher, est une chimère qui n’offre que des réponses simplistes, provisoires et contreproductives, mettant en danger notre avenir.

Je ne joue pas à ce jeu-là. A la tête d’une commune populaire, je connais cette réalité. Je tente d’offrir la vision d’une société, d’une communauté, solidaire qui peut fonctionner pour toutes et tous. Par des programmes, des actions concrètes, je veux montrer au quotidien qu’il est possible de construire un projet commun.

Alors, je ne me réjouis pas du Brexit. Je n’hurle pas avec la meute. Je me remets au travail pour Vernier et pour Genève, pour une société plus juste, pour toutes et tous.

16:52 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

01/03/2016

Ne crions pas victoire! Nous avons simplement sauvé les meubles.

"Un sursaut citoyen, c’est bien. Mais le futur nous réserve encore bien des surprises et de nouveaux combats à mener. A nous, peuple souverain, de montrer que la Suisse que nous voulons ne ressemble en rien à celle que l'UDC nous a proposée le 28 février"

 

L’UDC occupe systématiquement – et ce avec un terrible succès – le devant de la scène politique sur les questions liées à la migration. Ce dimanche 28 février de votations fédérales était attendu avec une certaine anxiété. Anxiété devant la déferlante de haine et de mépris à l'égard de la population étrangère qui vit dans notre pays. Anxiété devant un discours du parti agrarien qui se radicalise d'année en année. Anxiété face au spectre d’un nouveau tour de vis injustifié autant qu’injustifiable à cette immigration qui fait notre richesse.

12791107_10154099591136282_8636661601929971658_n.jpgAprès le résultat surprise du 9 février 2014 qui a mis un coup d'arrêt à notre prospérité, jeté l’opprobre sur notre réputation d’accueil, il était à craindre qu’un nouveau scénario catastrophe se reproduise.

C’était sans compter sur le sursaut citoyen et démocratique qui s’est développé tout au long de la campagne et qui a permis de stopper net la surenchère populiste nauséabonde de l’UDC. Un sursaut qui s'est matérialisé par une participation quasi-historique et par une mobilisation d'opposants rarement aussi diversifiée et large.

Certes, il a fallu se battre, longtemps, en mobilisant des forces considérables, pour repousser cette initiative sur le renvoi des criminels étrangers. Il a fallu faire appel à la raison, à la pesée des conséquences, au réveil des consciences, à notre histoire, à notre bon sens. Il a fallu parler des détails de cette loi, écrite au coin d'une table, qui mettait au même niveau des crimes qui n'avaient rien avoir les uns avec les autres ou qui aurait par exemple lourdement condamné tout Suisse ayant commis une erreur dans ses déclarations impôts ou assurances sociales. Il a fallu mobiliser des trésors d’arguments pour expliquer pourquoi ce texte allait trop loin et pourquoi il était, à bien des égards, inhumain.

Ne crions pourtant pas victoire! Nous avons simplement sauvé les meubles et obtenu le droit de respirer. Un petit sursis. Bienvenu, certes. Mais un sursis quand même.

Jusqu’à la prochaine salve

Car l’UDC ne s’arrêtera pas là. Ne croyons pas une seconde que cette défaite, même cuisante, sonne le glas de ses ambitions démagogiques en matière de migration.

L’UDC n’aime pas la Suisse. Du moins, pas celle que je connais et au milieu de laquelle j’ai grandi. Cette Suisse bigarrée, multiple, hétérogène et originale. Cette Suisse qui fait notre fierté, et qui a permis jusqu'ici notre développement et nos succès économiques.

Cette Suisse multiculturelle, l’UDC n’en veut pas. L'UDC a demandé au peuple suisse de créer des citoyens de deuxième classe. Le peuple suisse lui a répondu sèchement qu'il ne voulait pas de cela dans notre pays. Au lieu de marcher dans le sens de l’Histoire, d’accompagner et de faire face aux bouleversements migratoires actuels – et qui n’ont aucune chance de s’arrêter dans le futur – l’UDC s’arqueboute sur une vision de la Suisse qui n'a jamais existé mais dont elle essaie de faire croire à l'existence. L'UDC propose des lois rigides et impossibles à appliquer au lieu de proposer une politique cohérente qui unit, à la hauteur de notre pays.

Un sursaut citoyen, c’est bien. Mais le futur nous réserve encore bien des surprises et de nouveaux combats à mener. A nous, peuple souverain, de montrer que la Suisse que nous voulons ne ressemble en rien à celle que l'UDC nous a proposée le 28 février.

19:16 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook

20/01/2016

Employés & entrepreneurs: aucun crédit aux propos de Macron

En tant que fils d’ouvrier, je ne peux donner strictement aucun crédit aux propos du jour d’Emmanuel Macron « La vie d’un entrepreneur est plus dure que celle d’un salarié ». Non camarade Macron, la vie des ouvriers et des employés n’est pas plus facile que celle des patrons.

Evoluer 47 ans dans un monde du travail extrêmement instable, se briser le dos sur des chantiers, ne pas pouvoir vivre de son travail en travaillant 42h par semaine, perdre son travail à quelques années de la retraite, ce n’est pas facile, c’est même révoltant. Diriger une PME, cela peut être certes compliqué et rempli de défis, mais rappelons que le succès des entreprises repose sur les forces et le dévouement de leurs employés.

18:16 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook