20/08/2017

La solitude tue

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Une récente étude américaine vient de démontrer ce que beaucoup d’entre nous, instinctivement, savent déjà : on meurt plus vite lorsqu’on est seul. Le professeur vaudois Jean-Pierre Fragnière le dit depuis longtemps. Entendons par là que l’isolement social est un facteur de dégradation des conditions de vie très important et qu’il nous faut aujourd’hui rapidement prendre compte cette donnée, notamment en regard du vieillissement programmé de la population.

Un phénomène à ne surtout pas sous-estimer

L’évolution de nos sociétés occidentales, par l’accentuation de l’individualisme et de la compétition, a progressivement distendu les liens sociaux qui forgeaient autrefois les bases de nos relations communautaires et sociales. Maladie psychiques, atomisation des liens de voisinage, processus d’exclusion en tous genre (et notamment du marché du travail), sont autant de facteurs qui viennent aggraver ce phénomène.

 

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13:48 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale, Société | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook

10/07/2017

Santé dentaire en Suisse: les dents de l’amer

dentiste-lamal-suisse-couverture-base-1696x800.jpgLa RTS s’en est fait écho pas plus tard que hier : dans notre pays, ce sont près de 180'000 personnes qui renoncent aux soins dentaires pour des raisons financières. Ce chiffre, qui résulte d’une enquête de l’Office fédéral de la statistique, est effarant.

Cette étude démontre – si besoin est – que la société à deux vitesses n’est pas une simple vue de l’esprit. La Suisse, pays parmi les plus riches du monde, connaît un fossé d’inégalités inadmissible sur un segment sanitaire de base ! Il y a là une injustice qu’il s’agit de combattre. C’est ce que tentent de faire des initiatives cantonales en Romandie (Genève, Vaud, Valais). Mais le combat est loin d’être gagné d’avance, malgré l’évidence dramatique de la situation.

 

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17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Cohésion sociale, Société | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

13/04/2017

L’artisanat local, c’est du savoir-faire, de la passion et de la volonté

A l'occasion de la remise du prix de l'Artisanat de l'Association des communes genevoises, j'ai eu le grand privilège de remettre le prix 2016 à l'entreprise Arturo Belli, bottiers à Carouge. 

Voici mon intervention : 

C’est un plaisir pour moi que d’être présent pour remettre le prix de l’artisanat décerné depuis 1991 par l’Association des Communes Genevoises. Cette année encore, grâce à l’appui de la Banque cantonale de Genève.

Les communes, vous le savez, symbolisent la proximité. Et c’est finalement logique que ce soit à elles de décerner ce prix qui récompense une activité locale.

Une entreprise plus que centenaire

L’entreprise dont nous saluons cette année l’implication dans le tissu local a une longue histoire. Plus que centenaire, elle a été fondée en 1909 par un immigré italien originaire de Toscane. Amenant avec lui son savoir-faire et ses dons précieux, Arturo Belli a fabriqué des chaussures. Comme l’ont fait par la suite les deux générations suivantes qui lui ont succédé.

Reprise depuis une quinzaine d’année par Monsieur Tony Giglio, cette manufacture est aujourd’hui la seule du pays qui élabore des chaussures sur mesure du début à la fin du processus de fabrication. Et quand on sait qu’il faut pas moins de 250 opérations différentes pour fabriquer une chaussure de manière artisanale, on mesure combien le degré de technicité et de professionnalisme de cette entreprise doit être élevé ! Et on m’a même laissé entendre que Monsieur Giglio lui-même, au sein de son entreprise, met encore la main à la pâte et participe lui-même à la fabrication de ces produits manufacturés, ce qui est admirable !

Savoir-faire et passion

A l’heure de la mondialisation à tout crin et de l’uniformisation de l’industrie, il est bon de se rappeler que le savoir-faire, la passion et la volonté sont encore des valeurs qui existent de par nos contrées. Fabriquer des chaussures de qualité, en respectant la matière, en respectant les clients, en respectant les traditions, voilà un défi de taille que relève avec brio la Maison Arturo Belli ! Ceci est d’autant plus admirable que, nous le savons tous, le marché dans ce secteur précis est ultra concurrentiel.

Les artisans et notre mémoire collective

Qui se chausse encore aujourd’hui chez un artisan de proximité ? Peu de monde, c’est certain. Bien sûr, la qualité a un prix. Mais elle a surtout une âme. Et ce métier – celui de bottier – qui était encore une profession bien établie il y a de cela un siècle est en train de progressivement disparaître de nos jours. Combien de métiers similaires, qui demandent de la patience, du doigté, de l’expérience et du cœur n’existent-ils plus que dans nos lointains souvenirs ? Bien trop, sans doute. Lorsqu’un artisan disparaît, c’est un morceau de notre mémoire collective qui s’en va. Bien peu parviennent à survivre. Encore moins à en vivre.

Être petit et miser sur la qualité

Un économiste dont j’ai oublié le nom a dit un jour que, au 21ème siècle, ne survivront que les très gros qui peuvent baisser au maximum leurs coûts de productions, et les très petits qui miseront tout sur la qualité. Je crois que l’entreprise que nous honorons aujourd’hui s’inscrit parfaitement dans cette logique. Faire peu, faire bien, avec du cœur, à l’échelle humaine. Faire dans la qualité, le sur-mesure, perpétuer un art ancien, précieux. C’est la marque de fabrique d’une entreprise telle que Arturo Belli !

C’est donc avec beaucoup d’émotion, croyez-moi que je remets ce prix à Monsieur Giglio, au nom des communes genevoises. Nous récompensons ainsi plus qu’un travail et une entreprise. Nous remercions des hommes et des femmes qui font vivre un métier rare, avec passion, dévouement et savoir-faire. Le canton de Genève peut être particulièrement fier de compter une telle entreprise en son sein.

Je souhaite encore longue vie à la maison Arturo Belli !

Vive les artisanes et les artisans de Genève !
Vive les communes genevoises !
Vive la République et Canton de Genève !

Thierry Apothéloz

Le Prix de l’Artisanat en quelques mots: il fut créé en 1991, pour mettre en évidence la richesse et la diversité de l’artisanat genevois. Décerné, depuis 1995, sous l’égide de l’Association des Communes Genevoises, il est le pendant du Prix de l’Industrie, attribué par l’Etat de Genève. Le lauréat est désigné par un jury de professionnels qui se réunissent plusieurs fois par année. Il prend en compte, outre les qualités du travail du lauréat, son engagement pour la formation de la relève et la transmission de son savoir-faire.

16:39 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook

24/01/2017

L’Hebdo, une case en moins

presse, magazine, suisse, suisse romandeJ’ai appris aujourd’hui avec une grande tristesse la disparition prochaine de l’Hebdo. Un journal qui avait trouvé – je le croyais – sa place dans le paysage médiatique romand.

Disons-le tout de go : je n’ai – de loin – pas toujours d’accord avec ses positions. Ses attaques répétées sur les élus de gauche m’avaient fait hésiter à renouveler mon abonnement.
Je laisse donc aux hypocrites le soin de crier leur désespoir sur les réseaux sociaux.

Mais, bien moins que son contenu, c’est le symbole que représente la disparition de l’Hebdo – comme n’importe quel autre titre de presse – qui m’émeut aujourd’hui.

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10:49 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

18/09/2016

AVS +, un investissement pour l’avenir

Le 25 septembre prochain, nous voterons sur l’initiative demandant une augmentation de 10% des rentes AVS. Initiative solide, intelligemment présentée et visant à améliorer la qualité de vie de nos seniors et aînés, « AVS+ » a le mérite de la clarté. Clarté d’un choix de société qui n’entend pas laisser les retraités vivre dans la précarité ou dépendre de l’aide sociale (prestations complémentaires) pour subvenir à leurs besoins de base. Clarté d’une politique résolument tournée vers l’avenir et la sécurité, lorsqu’on sait combien les revenus des fonds de prévoyance (2ème pilier) sont instables et plus risqués que jamais. Clarté d’une volonté d’investir dans le bien-être de celles et ceux qui, d’ici moins de 30 ans, composeront plus de la moitié de la population Suisse.

« AVS+ » est un projet viable et financièrement sain, basé sur un financement paritaire (salariés/employeurs), qui permettra de diminuer d’autant le recours aux aides étatiques. C’est donc bien le fruit du travail, et non une augmentation de la fiscalité, qui financera cette réévaluation des prestations. C’est là le principe même de notre système assurantiel. Quoi de plus sain !

Aujourd’hui, en Suisse, ce sont près de 200'000 personnes qui gardent la tête hors de l’eau, uniquement grâce au soutien financier des prestations complémentaire, qui viennent combler les montants trop bas de la seule AVS. Est-ce normal dans un pays aussi riche que le nôtre ? Comment peut-on justifier, avec les richesses que nous produisons, que près de 4 femmes sur 10 n’ont que leur AVS pour vivre ?

Certes le pays vieillit, c’est le cas partout en Europe. Certains diront qu’il faut donc limiter les coûts de la vieillesse… quelle logique absurde ! Alors que, toutes et tous, nous ferons un jour ou l’autre – de plus en plus nombreuses et nombreux – partie de cette population, il est au contraire temps d’investir dans le bien-être des seniors.

Il est aujourd’hui grand temps de s’emparer de la problématique du vieillissement de la population. Non pas sous l’angle des coûts que ce phénomène va engendrer, mais bien en fonction de la qualité de vie que nous voulons offrir à celles et ceux qui doivent pouvoir profiter d’une retraite à l’abri du besoin.

Nous sommes aujourd’hui face à un tournant de notre politique sociale. Sommes-nous prêts à faire les efforts pour investir dans nos seniors, ou allons-nous continuer à considérer que le travail de toute une vie ne mérite rien (ou presque) ?

17:19 Écrit par Thierry Apothéloz dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook