16/02/2011

Du chômage à l'aide sociale !

En septembre dernier, le peuple a tranché à 53,3 % en faveur de la réforme de l’assurance chômage. A Vernier, commune très touchée par le chômage, l’a refusée à 70 % !

La gauche et les syndicats se sont battus contre cette réforme. Notre crainte visait une perte significative de droits pour les personnes au chômage. La nouvelle loi a malheureusement tenu ses promesses : pour les jeunes de moins de 25 ans, les indemnités passeront de 200 jours contre 400 jours. Pour les chômeurs de 25 à 55 ans, les indemnités passeront de 400 à 260 jours. Enfin, le délai avant l’ouverture d’un droit pour les personnes ayant achevé leur formation passera de 120 à 260 jours.

Cette dernière situation est d’autant plus préoccupante que, selon les chiffres de l’office cantonal de la statistique (OFS, Taux d’entrée dans la vie professionnelle HEU)[1], 28% des personnes ayant achevé une formation tertiaire se trouvent encore sans emploi 20 mois après la fin de leur formation !

Les médias nous apprennent ces derniers jours l’impact sur les cantons. Le report annoncé sur l’aide sociale se confirme. A Genève, selon le journal Le Temps du 5 février dernier, ce seront 1300 chômeurs en fin de droit et 900 demandes à l’aide sociale qui arriveront à l’Hospice Général, laquelle doit déjà assumer une augmentation de 21 % des dossiers financiers ces deux dernières années.

Cette loi qui restreint notamment le droit aux indemnités pour certaines catégories de la population est particulièrement préoccupante, notamment pour les communes qui, comme Vernier, connaissent les plus grandes proportions de demandeurs d’emploi du canton.

En janvier déjà, j’interpellais le Conseiller d’Etat en charge de l’emploi pour lui demander :

- Quelles sont les mesures d’accompagnement que le canton de Genève a mis ou va mettre en place pour faire face à ce durcissement législatif ?

- Comment le canton de Genève compte-t-il faire face aux dépenses supplémentaires en termes d’aide sociale que cette situation va probablement engendrer, tant pour l’Hospice Général que pour les communes ?

- De connaître l’impact que ces nouvelles mesures vont avoir sur la commune de Vernier et sa population, sachant que celle-ci possède le plus haut taux de chômage du canton ?

A ce jour, aucune réponse du magistrat cantonal ne m’est parvenue. Pourtant, les jours passent et les personnes qui ne bénéficieront plus de subsides sont dans l’expectative.

Je le relancerai ces prochains jours.

Même si le peuple a accepté cette réforme, elle n’en est pas moins révoltante. Transférer les personnes en recherche d’emploi à l’aide sociale n’est pas un modèle de société satisfaisant. Aussi le canton doit-il sans tarder : miser sur des mesures d’insertion taillée sur mesure, engager les moyens nécessaires pour l’accompagnement de ces personnes, collaborer avec les organismes existants y compris communaux et ne pas supprimer des financements de programme.

Dans un prochain post, je révèlerai mes propositions d’actions locales en matière d’emploi et d’insertion professionnelle.

 

 

07:33 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook