25/07/2016

Les élus municipaux démissionnent: "Préservons le système de milice!"

Selon l'article de la Tribune de Genève du 24 juillet 2016, basé sur les chiffres fournis par la Chancellerie d'Etat, 16,74% des conseillers municipaux du Canton de Genève ont changé en un an, depuis le début de la législature en juin 2015, un taux très élevé déjà pour une première année de législature. Trop certainement. La situation est préoccupante, mais des solutions existent.

Une situation préoccupante

En tant que président de l'Association des Communes Genevoises, cette situation me préoccupe à plus d'un titre. Le système de milice, notamment à l'échelon communal, est un des piliers de nos institutions. Certes, il ne faut pas oublier que la démission d'un-e élu-e entraîne par ricochet l'élection d'un-e vient-ensuite, soit une force nouvelle, peut-être plus motivée ou ayant plus de temps à dégager pour la choses publique. Mais cette hausse inquiétante des démissions qui représente une perte de compétences pour la collectivité publique, n'est pas imputable uniquement aux élu-e-s qui démissionnent. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées, à mon avis. A chacune de celles-ci, des solutions peuvent et doivent être trouvées.

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11:32 Écrit par Thierry Apothéloz dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook

28/01/2012

A quand une véritable politique d'intégration des étrangers à Genève ?

En décembre 2011, le DSPE décidait d’élever le niveau de français exigé pour devenir suisse en modifiant le règlement d’application de la loi sur la nationalité genevoise (A 4 05.01) indiquant désormais que : « le candidat étranger présente la requête signée en naturalisation suisse et genevoise, qui doit obligatoirement être accompagnée des premiers documents suivants (…) une attestation de connaissance orale de la langue nationale en principe celle parlée au lieu de domicile, correspondant au niveau B1 (intermédiaire) du Cadre européen commun de référence pour les langues (…).


Cette toute nouvelle disposition signifie que, aujourd’hui, pour être naturalisé, il ne suffit plus d’avoir un niveau de français « intermédiaire » (A2) mais qu’il va falloir posséder un niveau « avancé » (B2). Même l’office cantonal de l’emploi (OCE) ne va pas aussi loin, considérant à juste titre qu’un niveau de connaissance suffisant pour pouvoir être autonome, trouver du travail ou entreprendre une formation constitue la norme. Le Département de Madame Isabel Rochat fait encore des siennes, avec cette méconnaissance de la réalité de la migration en Suisse et à Genève. Même les spécialistes de la question estiment qu’un tel durcissement ne se justifie pas.

 

Heureusement, la presse s’est fait l’écho de cette modification passée inaperçue dans la Feuille d’avis officielle du 14 décembre 2011. Aucune concertation des associations concernées. Aucune information aux communes genevoises pourtant concernées au premier chef. Aucune audition des associations de migrants, des spécialistes de l’immigration, des personnes et organisations concernées. Voilà encore un pur produit technocratique complètement déconnecté des réalités du terrain.

 

Cette décision inique montre à quel point il manque à Genève une véritable politique d’intégration. L’histoire avait pourtant bien débutée : Genève s’est dotée, à l’instar d’autres cantons suisses, d’un bureau de l’intégration des étrangers (BIE), assorti d’une loi ambitieuse. Les associations impliquées se sont mobilisées et participent au Conseil de l’intégration. Pour la petite histoire, le BIE a organisé rapidement des Assises annuelles de l’intégration, mobilisant associations, communes et habitantes et habitants. Aucun suivi des propositions n’était malheureusement prévu par le politique et les Assises tombèrent à l’eau.


Il s’ensuivra alors une multitude d’études commandées pour nourrir les réflexions du département de tutelle. L’une d’entre elle (réalisée avec brio et minutie par Ismaël TURKER et ses collègues) proposait un vaste panorama de l’ensemble des mesures et des actions ambitieuses réalisées à Genève par les acteurs de terrain. Quelle suite a-t-on donné à ce rapport ? Aucune ! Le DSPE joue volontiers la carte de la bienséance lorsqu’il s’agit d’intégration, en rabattant les grands poncifs éculés sur la nécessité du vivre-ensemble, mais lorsqu’il s’agit de prendre des décisions politiques, alors là, c’est la frilosité politique qui prime… Ou bien alors, on enclenche la marche arrière, comme le prouve cette incompréhensible modification de la législation sur l’acquisition de la nationalité.

 

Le constat est toujours là et amer : Genève n’a toujours pas de politique cantonale pour l’intégration des étrangers. Ce manque de clairvoyance laisse ce domaine si sensible aux seuls mouvements populistes. Il manque à Genève une véritable volonté de placer l’intégration au cœur des tâches de l’Etat. Avant d’élever le niveau de français exigé pour la naturalisation, le Canton ne devrait-il pas plutôt se donner les moyens d’une telle politique ? Je l’affirme : une politique affirmée, dynamique, valorisante, qui reconnaît que les étrangers sont aussi une richesse, qu’elle est un formidable outil de cohésion sociale, est possible à Genève, encore faut-il le décider.

 

Thierry Apothéloz

Maire de Vernier

Président de l’œuvre d’entraide suisse ouvrière (OSEO) Genève

 

13:00 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook

15/02/2011

Oui !

Oui, biensûr, on va me dire que, comme par hasard, mon blog renaît de ses cendres en pleine campagne électorale.

Oui, je l'assume. Ce n'est pas un hasard.

J'ai un bilan à défendre et je considère qu'à Vernier, la gauche fait du bon travail.

A force de voir les épouvantails populistes hurler dans tous les sens, à force de voir certains partis tirer systématiquement la couverture à eux lorsque quelque chose de positif se passer - alors qu'il n'y ont en rien contribué, à force d'entendre tout et n'importe quoi au sujet de ma commune, j'ai décidé de rappeler qui fait quoi à Vernier et de rappeler les faits. Simplement les faits. La démocratie est un bien précieux et c'est un honneur pour un élu d'être au service de ses concitoyen-ne-s. Avec l'élection, voici le temps de rendre des comptes sur son action.

Je le dis d'emblée : le bilan est perfectible et forcément imparfait, mais c'est un bilan honnête, objectif et factuel.

Ce blog sera surtout l'occasion de parler d'avenir, de projets pour nos habitantes et nos habitants.

Vernier avec un revenu médian le plus bas du canton, un taux de chômage le plus élevé, une personne sur cinq qui est en lien avec l'aide sociale (des thèmes dont les compétences sont exclusivement cantonales) les problématiques sont nombreuses et complexes. Alors, je me bats tous les jours, sans attendre les discours grandiloquents et catastrophistes de ceux qui pensent qu'il suffit de claquer les doigts pour que cela marche.

Il faut du sérieux, de la consistance, de l'encurance pour résoudre les problèmes que rencontre les habitantes et les habitants de Vernier. Le slogan est facile, opportuniste, simpliste, mais agir est autrement plus difficile.

C'est à chaque citoyenne et chaque citoyen de se poser les questions suivantes :

Est-ce que mon quotidien et celui de mes proches s'est amélioré ? Est-ce que mon cadre de vie dans mon quartier, dans ma commune s'est amélioré ? Comment peut-on y arriver ensemble ?

Aussi ai-je décidé d'ouvrir ce blog pour y apporter des résultats, échanger avec les citoyennes et les citoyens respectueux du débat politique et des personnes, et surtout soucieux d'un mieux vivre ensemble.

07:32 Écrit par Thierry Apothéloz | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook